Faire le catéchisme, c’est instruire dans la Foi et dans la morale de Jésus-Christ ; c’est donner aux enfants de Dieu la conscience de leur propre origine, de leur dignité, de leur destinée et de leurs propres devoirs ; c’est déposer et développer dans leurs intelligences les principes et les motifs de la religion, de la vertu et de la sainteté sur terre, et par conséquent du bonheur dans le Ciel.
Appendice
Instructions aux parents et aux éducateurs chrétiens
L’enseignement du catéchisme est donc ce qu’il y a de plus nécessaire et de plus bienfaisant pour les individus, pour l’Église et pour la société civile ; c’est l’enseignement fondamental qui est à la base de la vie chrétienne, laquelle, s’il vient à manquer ou s’il a été mal donné, devient fragile, chancelante, et facilement disparaît.
Les parents chrétiens, étant les premiers et les principaux éducateurs de leurs enfants, doivent en être de même les premiers et principaux catéchistes : les premiers, parce qu’ils doivent leur instiller, pour ainsi dire avec le lait, la doctrine reçue de l’Église ; les principaux, parce que c’est à eux qu’il appartient de faire apprendre par cœur dans la famille les points principaux de la Foi, en commençant par les Premières prières, et les faire répéter tous les jours, de façon que peu à peu elles pénètrent profondément dans l’Esprit des enfants. Si les parents, comme il arrive le plus souvent, étaient contraints de se faire suppléer par d’autres dans l’éducation de leurs enfants, qu’ils se souviennent de l’obligation sacrée qu’ils ont de choisir des institutions ou des personnes qui sachent et veuillent consciencieusement remplir pour eux un si grave devoir. L’indifférence en cette matière a été la perte irréparable de tant d’enfants ! Quel compte ne devra-t-on pas en rendre à Dieu !
Pour enseigner avec fruit la doctrine chrétienne, il faut la bien savoir, l’exposer et l’expliquer d’une manière adaptée à la capacité des élèves, et surtout, puisqu’il s’agit d’une doctrine qui a trait à la pratique, il faut la vivre.
Il faut bien connaître la doctrine chrétienne. Comment instruire, en effet, si l’on n’est pas instruit ? De là, pour les parents et les éducateurs, le devoir de repasser le catéchisme et d’en pénétrer à fond les vérités ; pour cela, ils fréquenteront les instructions plus étendues données par les curés aux adultes, ils interrogeront des personnes compétentes et liront, s’ils le peuvent, des livres appropriés.
On doit exposer la doctrine chrétienne d’une manière adaptée, c’est-à-dire qu’il faut le faire avec intelligence et amour, de sorte que les enfants ne soient pas ennuyés et dégoûtés du maître et de la doctrine. Dans ce but, il convient de se mettre à leur portée, d’employer le langage le plus connu et le plus simple, d’éveiller l’intelligence par des comparaisons et des exemples appropriés, d’émouvoir les sentiments du cœur ; d’avoir grande discrétion et mesure pour ne pas fatiguer ; d’avancer peu à peu, sans se rebuter de répéter, en supportant avec patience et affection les dissipations, les distractions, les impertinences et autres défauts de cet âge. Qu’on évite surtout cette manière mécanique d’enseigner qui écrase et ferme l’Esprit, mettant en jeu la seule mémoire sans impliquer l’intelligence et le cœur.
Enfin, il faut vivre la Foi et la morale qu’on enseigne ; autrement comment aura-t-on le courage d’apprendre aux enfants la religion qu’on ne pratique pas soi-même, les commandements et les préceptes que l’on néglige sous leurs propres yeux ? Et quel fruit, en ce cas, pouvoir en espérer ? Au contraire, les parents se discréditeront facilement eux-mêmes, et amèneront leurs enfants à l’indifférence et au mépris des principes les plus nécessaires et des devoirs sacro-saints de la vie.
Et parce que, de nos jours, on a créé une atmosphère très funeste à la vie spirituelle, par la guerre à toute idée d’autorité supérieure, de Dieu, de révélation, de vie future, de mortification, que les parents et les éducateurs inculquent avec le plus grand soin les vérités fondamentales contenues dans les Premières notions du catéchisme ; qu’ils leur inspirent le concept chrétien de la vie, le sens de la responsabilité de tout acte devant le Juge suprême qui est partout, sait tout et voit tout ; qu’ils leur communiquent, avec la crainte salutaire de Dieu, l’amour du Christ et de l’Église, le goût de la charité et de la solide piété, et l’estime de la vertu et des pratiques chrétiennes. C’est seulement ainsi que l’éducation des enfants sera fondée non pas sur le sable d’idées mouvantes et de respect humain, mais sur le roc des convictions surnaturelles, qui ne seront pas ébranlées durant la vie entière, malgré toutes les tempêtes.
Pour tout cela, il faut une Foi vive, une profonde estime de la valeur des âmes et des biens spirituels ; il faut cet amour judicieux qui s’étudie à assurer avant tout l’éternelle félicité aux âmes de ceux qui leur sont chers. Ce qu’il faut encore, c’est une grâce spéciale pour comprendre la nature des enfants et trouver le chemin de l’intelligence et du cœur. Les parents chrétiens, en vertu du sacrement de Mariage bien reçu, ont droit aux grâces de leur état, et par conséquent à celles qui sont nécessaires pour élever chrétiennement leurs enfants. De plus, ils peuvent, par une humble prière, obtenir de Dieu des grâces plus abondantes dans ce même but ; car il est particulièrement agréable à Dieu qu’on lui forme des adorateurs pieux et des Fils obéissants. Qu’ils le fassent donc au prix de tous les sacrifices ; il y va du salut éternel de l’âme de leurs enfants et de la leur propre. Dieu bénira la Foi et l’amour qu’ils mettront à cette œuvre d’importance capitale, et il leur donnera la récompense la plus désirable, celle d’une postérité Sainte, éternellement bienheureuse avec eux dans le Ciel.
Nous vous en supplions, Seigneur, que le Consolateur qui procède de vous, éclaire nos âmes et nous fasse pénétrer toute vérité comme l’a promis votre Fils, Jésus-Christ notre Seigneur, qui vit et règne avec vous, en l’unité du même Esprit Saint, dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.Oraison pour le mercredi des Quatre-Temps de Pentecôte
