Tome 2 · La Morale · Leçon 13
Les péchés ou vices capitaux
Plan de la leçon 8 parties
Péchés capitaux. 1 Dans l'expression « péchés capitaux », le mot péché a un double sens. Il signifie : - a) vice, si l'on considère l'orgueil, l'avarice, la luxure, etc., comme des habitudes mauvaises qui inclinent au péché ; - b) péché actuel, s'il s'agit d'un acte transitoire causé ou non par une disposition habituelle. Ainsi, on peut commettre un péché d'orgueil sans avoir le vice de l'orgueil. Dans cette leçon, il est employé dans le sens de vice. 2 Capitaux (du latin « caput », tête, chef, source). D'après l'étymologie même du mot, ces péchés sont ainsi appelés
- parce qu'ils peuvent être des péchés très graves et jugés dignes de la peine de mort (S. Thomas) ; -.
- parce que, dans les premiers siècles de l'Église, ils étaient assimilés à d'autres très graves comme l'idolâtrie, l'homicide, l'adultère, et soumis à la pénitence publique ; -.
- parce qu'ils sont la source de plusieurs autres, sans qu'ils soient nécessairement et toujours des péchés mortels..
parce qu'ils sont la source de plusieurs autres, sans qu'ils soient nécessairement et toujours des péchés mortels.
I. Le Vice. Les sept Vices ou Péchés capitaux.
1° Le Vice.
- Le vice est une disposition habituelle qui porte l'homme au péché c'est une disposition, c'est-à-dire un état, contrairement au péché, qui est un acte transitoire. Le vice est inné ou acquis, suivant que la disposition au mal provient du tempérament et de l'hérédité ou qu'elle est le résultat de l'habitude contractée par la répétition d'un certain nombre d'actes mauvais.
2° Les sept vices ou péchés capitaux.
- Parmi les nombreux vices on en distingue sept principaux auxquels on donne le nom de vices ou péchés capitaux (Vocabulaire). Ces sept péchés capitaux sont : 1 l'Orgueil, 2 l'Avarice, 3 la Luxure, 4 l'Envie, 5 la Gourmandise, 6 la Colère et 7 la Paresse. Les uns : l'orgueil, l'avarice, l'envie, la colère et la paresse, du moins quand il s'agit de la paresse spirituelle, sont plus particulièrement des péchés de l'âme. La luxure et la gourmandise sont ; au contraire, des péchés du corps.
II. L'Orgueil.
1° Nature.
- L'orgueil est l'estime excessive de soi. Il se manifeste de trois manières principales :
- L'orgueilleux se montre fier des qualités qu'il a et ne reconnaît pas que c'est à Dieu qu'il doit en renvoyer la gloire « Qu'as-tu, dit saint Paul, que tu ne l'aies reçu ? Et si tu l'as reçu, pourquoi te glorifies-tu comme si tu ne l'avais pas reçu ? (I Cor., IV, 7). -.
- Il s'attribue des qualités qu'il n'a pas. -.
- Il rabaisse les qualités des autres ; il ressemble au Pharisien qui met en parallèle ses vertus avec les défauts du publicain..
Il rabaisse les qualités des autres ; il ressemble au Pharisien qui met en parallèle ses vertus avec les défauts du publicain.
2° Filles de l'orgueil.
- L'orgueil engendre : l'ambition, la présomption et la vaine gloire.
A. L'ambition est un désir immodéré de gloire, d'honneurs, de fortune, de puissance, etc. L'ambitieux recherche les premières places et les dignités. « Ils aiment la première place dans les festins, les premiers sièges dans les synagogues » (Mat., XXIII, 6), dit Notre-Seigneur des Scribes et des Pharisiens.
B. La présomption est une confiance exagérée en soi-même. La présomption et l'ambition vont souvent de pair. Le présomptueux s'exagère ses talents et ses capacités ; il se croit apte à tout et brigue les dignités et les charges auxquelles ses mérites ne l'appellent pas ; téméraire, il n'évite pas les occasions dangereuses de péché et entreprend des oeuvres au-dessus de ses forces.
C. La vaine gloire consiste à s'enorgueillir d'avantages plus apparents que réels et à rechercher la louange et l'admiration, là où il n'y a aucun titre à la gloire. Il y en a qui se glorifient de leur naissance, d'autres de leurs habits ; ceux-ci tirent vanité de leur maison, ceux-là d'un superbe équipage. Ils oublient que, s'il y a une gloire en tout cela, ce n'est pas sur eux qu'elle doit rejaillir. La vaine gloire peut devenir une faute grave si l'on se glorifie du mal que l'on a fait.
La vaine gloire donne naissance à son tour :
- à la jactance. Le jactancieux ou vantard adore la louange ; il la mendie des personnes qu'il fréquente, et si elle se fait trop attendre, il se la distribue lui-même. Il n'y a de place dans la conversation que pour son « moi ». Ne connaissant que sa personnalité, et indifférent à celle des autres, il étale ses mérites, son talent, ses vertus, ses aumônes. Il est cependant permis de parler de soi et de ses oeuvres dans des cas d'exception, par exemple, quand on veut édifier le prochain, et surtout quand on doit se justifier d'un reproche injuste, comme le fait saint PAUL dans son Epître aux Galates. -.
- L'hypocrisie est une autre fille de la vaine gloire. L'éloge que le vantard se décerne dans ses paroles, l'hypocrite veut l'obtenir par ses actes et son apparente vertu. Il oublie le conseil de Notre-Seigneur : « Gardez-vous de faire vos bonnes oeuvres devant les hommes, pour être vus d'eux. Quand vous faites l'aumône, ne sonnez pas de la trompette devant vous, comme font les hypocrites dans les synagogues et dans les rues, afin d'être honorés des hommes. » (Mat., VI, 1, 2). -.
- Filles de l'orgueil encore : l'opiniâtreté et l'obstination (ou entêtement) qui font qu'on tient à ses idées, qu'on ne veut céder à personne, alors même qu'on a tort. -.
- Citons enfin la hauteur ou morgue, qui consiste à traiter autrui avec un air méprisant, une arrogance dédaigneuse..
Citons enfin la hauteur ou morgue, qui consiste à traiter autrui avec un air méprisant, une arrogance dédaigneuse.
3° Malice de l'orgueil,.
- Tout orgueil n'est pas blâmable. Quand il se borne à un certain amour-propre qui pousse au travail et à l'effort pour conquérir honorablement et par des moyens légitimes les hautes situations et les dignités, il est un sentiment louable. Il devient un péché grave quand on veut s'élever au-dessus de Dieu et de ses supérieurs : une telle indépendance jette le désordre dans la société et conduit aux pires excès.
4° Remèdes.
- Les moyens de remédier à l'orgueil sont : - a) un retour sincère sur nous-mêmes, sur nos faiblesses et nos fautes, sur le néant des choses dont nous tirons vanité ; et - b) la contemplation de l'humanité du Christ qui, étant Dieu, s'est rabaissé jusqu'au point d'épouser notre humanité et de se soumettre à toutes les humiliations.
III. L'Avarice.
1° Nature.
- L'avarice est un amour immodéré des richesses. Elle se présente sous une double forme : - a) On est avare quand on a trop de sollicitude pour l'acquisition des richesses, quand on ne pense qu'à grossir sa fortune et qu'on regarde l'argent comme une fin, et non comme un moyen de subvenir à ses besoins et à ceux des autres. - b) On est surtout avare quand on ne peut se détacher de son trésor et qu'on est parcimonieux à l'excès dans l'usage de ses richesses. Il ne faut pas évidemment confondre l'avarice avec l'économie, qui mesure ses dépenses à ses ressources et qui, loin d'être un défaut, est une vertu très précieuse et un stimulant du travail. L'avarice, qui existe aussi bien chez les pauvres que chez les riches, s'accroît souvent avec l'âge. « L'âge rajeunit, pour ainsi dire, cette misérable passion », dit MASSILLON.
2° Effet.
- L'avarice engendre :
- l'injustice envers le prochain : fraudes, tromperies, vol ;-.
- la trahison : Judas vendit son maître pour trente deniers ; -.
- l'endurcissement du cœur envers les pauvres. L'avare reste insensible à la misère : sa bourse ne se délie jamais pour faire l'aumône ; -.
- l'inquiétude de l'esprit : l'avare a toujours peur de perdre son trésor ; -.
- l'oubli de Dieu et de l'éternité..
l'oubli de Dieu et de l'éternité.
3° Malice.
- Sans doute les richesses ne sont pas un mal en soi : elles rentrent, au contraire, dans le plan divin, qui veut que nous les utilisions comme moyens de faire le bien. Aussi longtemps que nous les possédons sans nous laisser posséder par elles, tout est dans l'ordre. Mais l'amour des biens de la terre, s'il est poussé à l'extrême, devient un péché grave : - a) contre Dieu : l'avare, en effet, préfère son or à tout ; les richesses sont son idole et Dieu ne compte plus pour lui ; - b) contre le prochain. L'avare manque au devoir de charité qui est gravement obligatoire en certains cas.
4° Remèdes.
- Deux remèdes sont capables de guérir l'avarice. - a) Le premier est la pensée fréquente que tout est vain sur la terre et que la seule richesse est de posséder Dieu. - b) La seconde, c'est l'exemple de Jésus-Christ qui, de riche qu'il était, a voulu naître, vivre et mourir pauvre.
IV. La Luxure.
La luxure est le vice contraire à la pureté, défendu par les 6eme et 9eme Commandements de Dieu (voir Leçon VIII).
V. L'Envie.
1° Nature.
- L'envie, qui est fille de l'orgueil, consiste à se réjouir du mal et à s'attrister du bien qui arrive au prochain, comme si ce bien diminuait le nôtre et retranchait quelque chose à notre bonheur. Ainsi l'envie a deux aspects : devant le malheur du prochain, elle se traduit par la joie ; devant le bonheur, par la tristesse. Le trait particulier qui caractérise l'envie c'est donc le manque de charité. D'où il suit qu'il ne faut pas la confondre : - 1. avec l'émulation, qui est le désir d'égaler ou de surpasser les autres et qui est un sentiment noble lorsqu'on emploie des moyens honnêtes pour y parvenir ; - 2, ni avec l'indignation qu'on peut ressentir à la vue des faveurs accordées à une personne indigne ; - 3, ni avec la crainte légitime de voir un autre occuper la place que nous briguons nous-mêmes. La jalousie est une sœur de l'envie. Elle en diffère en ce qu'elle n'a pas, comme l'envie, deux aspects : elle ne se réjouit pas du malheur des autres, mais elle a une crainte excessive de perdre le bien qu'elle possède et elle convoite avec excès celui du prochain. Toutefois, les deux expressions sont souvent employées l'une pour l'autre.
2° Effets.
- L'envie engendre la calomnie, la médisance, la délation, les rivalités, les discordes, la haine et même l'homicide (Abel tué par Caïn ; Joseph vendu par ses frères).
3° Malice.
- L'envie a été appelée à juste titre « péché diabolique », car « c'est par l'envie du diable que la mort est venue dans le monde ». (Sag., II, 24). Saint Paul la nomme parmi les péchés qui empêchent l'accès « au royaume de Dieu ». (Gal., V, 21). C'est donc un péché grave en soi. Lorsque l'envie va contre la charité que nous devons au prochain, elle est d'autant plus grave qu'elle nous pousse à lui causer un dommage important.
4° Remèdes.
- a) Un premier moyen de guérir l'envie est de se rappeler souvent que tous les hommes ont la même nature, et la même destinée. Tous les chrétiens ne sont-ils pas frères dans le Christ et ne sont-ils pas membres de la même société qui est l'Église ? Nous devons donc nous réjouir du bien qui leur arrive. - b) Un second moyen c'est de considérer les conséquences néfastes que l'envie entraîne à sa suite.
VI. La Gourmandise.
1° Nature.
- La gourmandise est l'amour déréglé du manger et du boire.
A. Pour ce qui concerne le manger, la gourmandise se manifeste de deux manières :- a) par excès dans la quantité. Le gourmand multiplie les repas ; il mange sans besoin et à tout propos, ou bien il mange trop ou trop avidement ; - b) par recherche excessive de la qualité. C'est être gourmand que de se montrer trop exigeant sur la qualité des aliments, et même de ramener sans cesse la conversation sur les plaisirs de la table.
B. Pour ce qui concerne le boire, la gourmandise se manifeste sous deux formes : c'est l'ivresse quand il s'agit d'un acte transitoire (péché) ; c'est l'ivrognerie quand il s'agit de l'habitude de boire (vice). On lui donne aussi le nom d'alcoolisme, lorsqu'on veut désigner une sorte d'état, une disposition habituelle, qui pousse à abuser des boissons alcooliques, sans aller ordinairement jusqu'à l'ébriété.
2° Effets.
A. La gourmandise en général entraîne comme conséquences :
- l'oubli des devoirs religieux ;-.
- la transgression des lois du jeûne et de l'abstinence ; -.
- l'affaiblissement de la santé : « La table tue plus d'hommes que la guerre », dit un vieil adage. .
l'affaiblissement de la santé : « La table tue plus d'hommes que la guerre », dit un vieil adage.
B. L'ivrognerie cause :
- l'impureté, -.
- l'abrutissement, -.
- les querelles, les violences et parfois le meurtre. .
les querelles, les violences et parfois le meurtre.
C. L'alcoolisme a des effets non moins désastreux ; il constitue en effet comme l'état chronique de l'ivrognerie :
- Chez l'individu qui s'y adonne, il détermine les maladies les plus graves : tuberculose, paralysie, troubles cérébraux, delirium tremens. Les facultés intellectuelles s'affaiblissent peu à peu et le malade tombe vite dans un état permanent d'hébétude. Au point de vue moral, « il tue dans les âmes les sentiments de l'honneur pour ne laisser que les instincts de la bête » (Mgr Julien).
- Dans la famille, il est cause de désorganisation. L'alcoolique fuit son foyer ; il abandonne sa femme et ses enfants ; et le fruit de son labeur, s'il travaille encore, ne sert qu'à satisfaire sa misérable passion.
- Pour la société, l'alcoolisme n'est pas un moindre fléau. Là où il sévit, « il brûle les veines de tout un peuple ; il épuise la race bien plus profondément que le carnage des batailles » (idem..
Pour la société, l'alcoolisme n'est pas un moindre fléau. Là où il sévit, « il brûle les veines de tout un peuple ; il épuise la race bien plus profondément que le carnage des batailles » (idem.
3° Malice.
- A. L'amour exagéré du boire et du manger n'est pas en soi un péché grave. Il le devient seulement lorsqu'on s'y attache au point de mépriser et de transgresser le précepte de la pénitence. B. Il n'en est pas de même de l'ivresse. Si celle-ci est accidentelle et involontaire, elle est excusable ; mais si elle est volontaire, elle est un péché mortel. Quant aux péchés commis en état d'ébriété, ils sont imputables, dans la mesure où ils ont été prévus : la culpabilité existe non dans l'acte, mais dans la cause. C. L'alcoolisme est d'autant plus coupable qu'il produit de funestes effets.
4° Remèdes.
- Pour remédier à la gourmandise il faut :
- éviter tout ce qui y provoque, comme les mets savoureux et trop recherchés ; -.
- considérer que le boire et le manger ne sont pas la fin de l'homme, et que, s'il faut manger et boire pour vivre, il ne faut pas vivre pour manger et boire. -.
- Les parents doivent inculquer à leurs enfants l'amour de la tempérance et surtout leur prêcher d'exemple. -.
- Que la mère de famille fasse de sa maison un foyer agréable où son mari et ses enfants aiment à rester..
Que la mère de famille fasse de sa maison un foyer agréable où son mari et ses enfants aiment à rester.
VII. La Colère.
1° Nature.
- La colère est un mouvement déréglé de l'âme qui fait que l'on s'emporte contre ce qui déplaît. Elle découle généralement de l'orgueil qui s'estime froissé et cherche à se venger. Mais elle est aussi une passion qui vient du tempérament et que la volonté maîtrise difficilement. La colère n'a pas toujours la même violence : aussi porte-t-elle différents noms. Elle s'appelle :
- l'impatience ; -.
- le dépit ; -.
- l'emportement, qui se manifeste par les injures et les cris ; -.
- la fureur, qui se traduit par des accès comparables à la folie ; et -.
- la vengeance, qui est un désir continu de faire mal à celui qui vous a déplu. La colère n'est pas toujours illicite. Si l'on s'y livre, quand il convient, contre qui il convient et dans la mesure voulue, elle est une juste indignation. Un père de famille, irrité par la désobéissance de son fils, inflige à celui-ci une forte correction pour le faire rentrer en lui-même. Un supérieur de communauté, pour remplir sa charge, châtie publiquement une infraction à la règle. Ainsi entendue, la colère est une vertu. La Sainte Écriture nous en rapporte de nombreux traits. Moïse, à la vue du veau d'or, se livre à un véritable transport de colère et brise les tables de la Loi. (Exode, XXXII, 19). Dieu s'irrite souvent contre les pécheurs. (Ps., CV, 40). Notre-Seigneur s'arme d'un fouet et chasse avec indignation les vendeurs du Temple (Mat., XXI, 12). Il se fâche contre les Pharisiens qui l'observent pour voir s'il guérira le jour du Sabbat l'homme à la main desséchée. (Mar, III, 5). Ce sont là de saintes colères qui trouvent leur approbation dans le but poursuivi, qui est de flageller le mal et de guérir le pécheur..
la vengeance, qui est un désir continu de faire mal à celui qui vous a déplu. La colère n'est pas toujours illicite. Si l'on s'y livre, quand il convient, contre qui il convient et dans la mesure voulue, elle est une juste indignation. Un père de famille, irrité par la désobéissance de son fils, inflige à celui-ci une forte correction pour le faire rentrer en lui-même. Un supérieur de communauté, pour remplir sa charge, châtie publiquement une infraction à la règle. Ainsi entendue, la colère est une vertu. La Sainte Écriture nous en rapporte de nombreux traits. Moïse, à la vue du veau d'or, se livre à un véritable transport de colère et brise les tables de la Loi. (Exode, XXXII, 19). Dieu s'irrite souvent contre les pécheurs. (Ps., CV, 40). Notre-Seigneur s'arme d'un fouet et chasse avec indignation les vendeurs du Temple (Mat., XXI, 12). Il se fâche contre les Pharisiens qui l'observent pour voir s'il guérira le jour du Sabbat l'homme à la main desséchée. (Mar, III, 5). Ce sont là de saintes colères qui trouvent leur approbation dans le but poursuivi, qui est de flageller le mal et de guérir le pécheur.
2° Effets.
- La colère enfante les querelles, les chicanes, les cris, les injures contre le prochain, les rancunes, les meurtres et les procès.
3° Malice.
- Quand la colère est un fruit du tempérament, elle n'est qu'une faute vénielle, à moins qu'elle ne dépasse toutes les bornes et ne soit un mouvement délibéré. Quand elle inclut un désir désordonné de vengeance, elle va, soit contre la justice, soit contre ia charité : elle est alors un péché grave.
4° Remèdes.
- Les meilleurs moyens de combattre la colère sont : - a) de réprimer aussitôt le premier mouvement ; - b) de nous rappeler les paroles de Notre-Seigneur : « Aimez vos ennemis... faites du bien à ceux qui vous haïssent. »(Mat., V, 44).
VIII. La Paresse.
1° Nature.
- La paresse est un amour déréglé du repos qui fait que nous omettons nos devoirs ou que nous les remplissons avec négligence. L'esprit et le corps de l'homme qui travaille ont besoin de repos, il ne faut pas que le repos soit la règle générale et, pour ainsi dire, l'unique occupation de la vie. On distingue : - a) la paresse spirituelle, et - b) la paresse corporelle. La première est un certain dégoût pour la prière et les devoirs de la religion. La seconde consiste dans la négligence de nos devoirs d'état. On est paresseux non seulement quand on ne fait rien, comme l'oisif ou fainéant, mais aussi quand on ne fait pas ce que l'on doit et quand on fait mal ce que l'on doit faire bien.
2° Effets.
- La paresse corporelle rend la vie inutile et ouvre l'âme à toutes les tentations. « L'oisiveté est la mère de tous les vices » : elle est l'« école du mal ». (Ecclésiastique, XXXIII, 27). La paresse spirituelle compromet notre. salut éternel, puisque « chacun doit recevoir sa propre récompense selon son propre travail ». (I Cor., III, 8).
3° Malice.
- La paresse est un péché grave, lorsqu'elle va jusqu'à l'oubli de Dieu et de nos devoirs les plus importants.
4° Remède.
- Pour remédier à ce vice, il faut nous souvenir que le travail est une loi générale imposée à l'homme par le Créateur. Les riches n'en sont pas dispensés plus que les autres, car il y a toujours pour eux le grand devoir de la charité qui leur commande de travailler pour secourir les pauvres dans une plus large mesure.
272 bis. - IX. Le vice ou péché dominant.
1° Notion.
- Depuis le péché originel, tout homme porte on soi le germe de tous les vices capitaux. Mais il en est généralement un qui est plus fort que les autres : non pas nécessairement qu'il soit toujours celui qui est le plus apparent ; mais il est celui qui nous incline le plus au mal. On appelle donc vice ou péché ou défaut dominant le vice capital propre à chacun, et qui vient soit du tempérament et de l'atavisme, soit de la mauvaise éducation. Les vices dominants les plus fréquents sont : l'orgueil, la sensualité et la paresse.
2° Moyens de le combattre.
- Quand, par un examen attentif de son « moi » et de ses inclinations, on a découvert ce défaut dominant, il importe au plus haut point de faire ses efforts pour le combattre. On réussira d'autant mieux à l'extirper qu'on s'y prendra de bonne heure et qu'on l'empêchera de pousser en nous des racines profondes. Or les meilleurs moyens de vaincre le défaut dominant sont :- 1. une volonté ferme et persévérante : vouloir c'est pouvoir ; - 2, une grande vigilance sur soi ;- 3, la consultation d'un directeur sage et prudent ; et - 4 outre ces moyens naturel, l'emploi fréquent des moyens surnaturels tels que la prière, la confession et la communion.
1 Faire tous ses efforts pour ne jamais laisser les péchés capitaux se transformer en vices.
2 Les surveiller très attentivement dans notre âme ; découvrir plus particulièrement le défaut auquel nous montrons plus de penchant.
3 Le meilleur moyen de triompher des péchés capitaux, c'est de leur livrer la guerre la plus acharnée en faisant souvent des actes de volonté et d'énergie, en examinant notre conscience sur les progrès que nous faisons et surtout en priant Dieu qu'il vienne à notre aide.
LECTURES. - 1 Aman (Esther, VII), Nabuchodonosor (Daniel, IV), Balthazar, etc. (Daniel, V), punis pour leur orgueil. 2 Les mauvais riches (Luc, XVI, 19) ; Judas. (Mat., XXVI et XXVII). 3 Châtiments de la luxure : Le Déluge, Sodome et Gomorrhe incendiées. (Genèse VI, VII, VIII, XIX). 4 Envie des frères de Joseph. (Genèse, XXXVII). 5 Gourmandise d'Esaü. (Genèse, XXV), 6 Colère de Saül. (I, Rois, XXII). 7 Condamnation du figuier stérile. (Marc, XI, 12, 14).
I. 1 Qu'est-ce qu'un vice ? 2 Qu'entendez-vous par péchés ou vices capitaux ? 3 Combien y a-t-il de péchés capitaux et quels sont-ils ?
II. 1 Qu'est-ce que l'orgueil ? 2 Comment se manifeste-t-il ? 3 Quelles sont les filles de l'orgueil ? 4 Qu'est-ce que l'ambition ? 5 la présomption ? 6 la vaine gloire ? 7 A quels péchés donne naissance la vaine gloire ? 8 Quelle est la malice de l'orgueil ? 9 Quels en sont les remèdes ?
III. 1 Qu'est-ce que l'avarice ? 2 Comment se manifeste-t-elle ? 3 Quels en sont les effets ? 4 Quelle en est la malice ? 5 Quels en sont les remèdes ?
IV. Qu'est-ce que la luxure ?
V. 1 Qu'est-ce que l'envie ? 2 Quelle différence y a-t-il entre l'envie et la jalousie ? 3 Quels sont les effets de l'envie ? 4 Quelle en est la malice ? 5 Quels en sont les remèdes ?
V I. 1 Qu'est-ce que la gourmandise ? 2 Quelles sont les différentes manières d'être gourmand ? 3 Quels sont les effets de la gourmandise en général, de l'ivrognerie et de l'alcoolisme ? 4 Quelle est la malice de la gourmandise ? 5 Quels en sont les remèdes ?
'VII. 1 Qu'est-ce que la colère ? 2 Y a-t-il différents degrés dans la colère ? 3 La colère est-elle toujours une faute ? 4 Quels en sont les effets ? 5 Quelle en est la malice ? 6 Quels en sont les remèdes ?
VIII. 1 Qu'est-ce que la paresse ? 2 Qu'est-ce que la paresse spirituelle ? 3 Quels sont les effets de la paresse ? 4 Quelle en est la malice ? 5 Quels en sont les remèdes ?
IX. 1 Qu'entendez-vous par vice ou défaut dominant ? 2 Quels sont les meilleurs moyens de le combattre ?
- 1 Quelle différence trouvez-vous entre un péché capital et un vice capital ? 2 Que signifie cette parole de La Bruyère :« L'esprit qu'on veut avoir gâte celui qu'on a » ? 3 Il est dit dans la 1er Epître de saint Pierre (V, 5) que « Dieu résiste aux superbes et qu'il donne sa grâce aux humbles ». Que pensez-vous de cette parole ? 4 Comment un pauvre peut-il être avare ? 5 Quels rapports y entre l'orgueil et l'envie, outre l'envie et la colère ?
