L’onction. Le symbolisme de l’onction d’huile est aussi significatif de l’Esprit Saint, jusqu’à en devenir le synonyme 1. Dans l’initiation chrétienne§1293, elle est le signe sacramentel de la Confirmation, appelée justement dans les Églises d’Orient « Chrismation ». Mais pour en saisir toute la force, il faut revenir à l’Onction première accomplie par l’Esprit Saint : celle de Jésus. Christ [« Messie » à partir de l’hébreu] signifie§436 « Oint » de l’Esprit de Dieu. Il y a eu des « oints » du Seigneur dans l’Ancienne Alliance 2, le roi David éminemment 3. Mais Jésus est l’Oint de Dieu d’une manière unique : l’humanité que le Fils assume est totalement « ointe de l’Esprit Saint ». Jésus est constitué « Christ » par l’Esprit Saint 4. La Vierge Marie conçoit le Christ de l’Esprit Saint qui par l’ange l’annonce comme Christ lors de sa naissance 5 et pousse Siméon à venir au Temple voir le Christ du Seigneur 6 ; c’est lui qui emplit le Christ 7 et dont la puissance sort du Christ dans ses actes§1504 de guérison et de salut 8. C’est lui enfin qui ressuscite Jésus d’entre les morts 9. Alors, constitué pleinement « Christ » dans son Humanité victorieuse de la mort 10, Jésus répand à profusion l’Esprit Saint jusqu’à ce que « les saints » constituent, dans leur union à l’Humanité du Fils de Dieu, « cet Homme parfait [...] qui réalise la plénitude du Christ » 11 : « le Christ total », selon l’expression§794 de saint Augustin ab.
6 paragraphes sélectionnés
695, 1242, 1291, 1294, 1300, 1523
Dans la liturgie des Églises d’Orient, l’onction postbaptismale est le sacrement de la Chrismation (Confirmation). Dans la liturgie romaine, elle annonce une seconde onction de saint chrême que§1291 donnera l’évêque : le sacrement de la Confirmation qui, pour ainsi dire, « confirme » et achève l’onction baptismale.
Une coutume de l’Église de Rome a facilité le développement de la pratique occidentale : grâce à une double onction au saint§1242 chrême après le Baptême : accomplie déjà par le prêtre sur le néophyte, au sortir du bain baptismal, elle est achevée par une deuxième onction faite par l’évêque sur le front de chacun des nouveaux baptisés a. La première onction au saint chrême, celle que donne le prêtre, est restée rattachée au rite baptismal ; elle signifie la participation du baptisé aux fonctions prophétique, sacerdotale et royale du Christ. Si le Baptême est conféré à un adulte, il n’y a qu’une onction postbaptismale : celle de la Confirmation.
Toutes ces significations de l’onction d’huile se retrouvent dans la vie sacramentelle. L’onction avant le Baptême avec§1152 l’huile des catéchumènes signifie purification et fortification ; l’onction des malades exprime la guérison et le réconfort. L’onction du saint chrême après le Baptême, dans la Confirmation et dans l’Ordination, est le signe d’une consécration. Par la Confirmation, les chrétiens, c’est-à-dire ceux qui sont oints, participent davantage à la mission de Jésus-Christ et à la plénitude de l’Esprit Saint dont Il est comblé, afin que toute leur vie dégage « la bonne odeur du Christ » 1.
Suit le rite essentiel du sacrement. Dans le rite latin, « le sacrement de Confirmation est conféré par l’onction du saint chrême sur le front, faite en imposant la main, et par ces paroles : ‘Accipe§699 signaculum doni Spiritus Sancti’ (‘Sois marqué de l’Esprit Saint, le don de Dieu’) » a. Dans les Églises orientales de rite byzantin, l’onction du myron se fait, après une prière d’Épiclèse, sur les parties les plus significatives du corps : le front, les yeux, les narines, les oreilles, les lèvres, la poitrine, le dos, les mains et les pieds ; chaque onction étant accompagnée de la formule : « Sphragis doreas Pneumatos Hagiou » (« Signaculum doni Spiritus Sancti », « Sceau du don de l’Esprit-Saint » [Rituale per le Chiese orientali di rito bizantino in lingua greca, Pars 1, Vatican 1954 p. 36]).
Une préparation au dernier passage. Si le sacrement de l’Onction des malades est accordé à tous ceux qui souffrent de maladies et d’infirmités graves, il l’est à plus forte raison à ceux qui sont sur le point de sortir de cette vie a, de sorte qu’on l’a aussi appelé sacramentum exeuntium b. L’Onction des malades achève de nous conformer à la mort et à la résurrection du Christ, comme le Baptême avait commencé de le faire. Elle parachève les onctions§1294 saintes qui jalonnent toute la vie chrétienne ; celle du Baptême avait scellé en nous la vie nouvelle ; celle de la Confirmation nous avait fortifiés pour le combat de cette vie. Cette dernière onction munit la fin de notre vie terrestre§1020 comme d’un solide rempart en vue des dernières luttes avant l’entrée dans la Maison du Père c.
