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La prière de l’Heure de Jésus

Quand son Heure est venue, Jésus prie le Père 1. Sa prière, la plus longue transmise par l’Évangile, embrasse toute l’Économie de la création et du salut, comme sa Mort et sa Résurrection. La prière de l’Heure de Jésus demeure toujours la sienne, de même que sa Pâque, advenue§1085 « une fois pour toutes », demeure présente dans la Liturgie de son Église.
La tradition chrétienne l’appelle à juste titre la prière « sacerdotale » de Jésus. Elle est celle de notre Grand Prêtre, elle est inséparable de son Sacrifice, de son « passage » [pâque] vers le Père où il est « consacré » tout entier au Père 1.
Dans cette prière pascale, sacrificielle, tout est « récapitulé » en Lui 1 : Dieu et le monde, le Verbe et la chair, la vie éternelle§518 et le temps, l’amour qui se livre et le péché qui le trahit, les disciples présents et ceux qui croiront en Lui par leur parole, l’abaissement et la Gloire. Elle est§820 la prière de l’Unité.
Jésus a tout accompli de l’œuvre du Père et sa prière, comme son Sacrifice, s’étend jusqu’à la consommation du temps. La prière de l’Heure emplit les derniers temps et les porte vers leur consommation. Jésus, le Fils à qui le Père a tout donné, est tout remis au Père, et, en même temps, il s’exprime avec une liberté souveraine 1 de par le pouvoir que le Père lui a donné sur toute chair. Le Fils, qui s’est fait Serviteur, est le Seigneur, le Pantocratôr. Notre Grand Prêtre qui prie pour nous est aussi Celui§2616 qui prie en nous et le Dieu qui nous exauce.
C’est en entrant dans le saint Nom du Seigneur Jésus que nous pouvons accueillir, du dedans, la prière qu’il nous apprend : « Notre Père ! ». Sa prière sacerdotale inspire, du dedans, les grandes demandes§2815 du Pater : le souci du Nom du Père 1, la passion de son Règne 2, l’accomplissement de la volonté du Père, de son Dessein de salut 3 et la libération du mal 4.
Enfin, c’est dans cette prière que Jésus nous révèle et nous donne la « connaissance » indissociable du Père et du Fils§240 1 qui est le mystère même de la Vie de prière.
La prière suppose un effort et une lutte contre nous mêmes et contre les ruses du Tentateur. Le combat de la prière est inséparable du « combat spirituel » nécessaire pour agir habituellement selon l’Esprit du Christ : On prie comme on vit, parce qu’on vit comme on prie.
Dans le combat de la prière nous devons faire face à des conceptions erronées, à divers courants de mentalité, à l’expérience de nos échecs. À ces tentations qui jettent le doute sur l’utilité ou la possibilité même de la prière il convient de répondre par l’humilité, la confiance et la persévérance.
Les difficultés principales dans l’exercice de la prière sont la distraction et la sécheresse. Le remède est dans la foi, la conversion et la vigilance du cœur.
Deux tentations fréquentes menacent la prière : le manque de foi et l’acédie qui est une forme de dépression due au relâchement de l’ascèse et portant au découragement.
La confiance filiale est mise à l’épreuve quand nous avons le sentiment de n’être pas toujours exaucés. L’Évangile nous invite à nous interroger sur la conformité de notre prière au désir de l’Esprit.
« Priez sans cesse » 1. Prier est toujours possible. C’est même une nécessité vitale. Prière et vie chrétienne sont inséparables.
La prière de l’Heure de Jésus, appelée à juste titre « prière sacerdotale » 1, récapitule toute l’Économie de la création et du salut. Elle inspire les grandes demandes du « Notre Père ».