« Donne-nous » : elle est belle la confiance des enfants qui attendent tout de leur Père. « Il fait lever son soleil§2778 sur les méchants et sur les bons et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes » 1 et il donne à tous les vivants « en son temps leur nourriture » 2. Jésus nous apprend cette demande : elle glorifie en effet notre Père parce qu’elle reconnaît combien il est Bon au-delà de toute bonté.
IV. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour
« Notre pain ». Le Père, qui nous donne la vie, ne peut pas ne pas nous donner la nourriture nécessaire à la vie, tous les§2633 biens « convenables », matériels et spirituels. Dans le Sermon sur la montagne, Jésus§227 insiste sur cette confiance filiale qui coopère à la Providence de notre Père 1. Il ne nous engage à aucune passivité 2 mais veut nous libérer de toute inquiétude entretenue et de toute préoccupation. Tel est l’abandon filial des enfants de Dieu :
À ceux qui cherchent le Royaume et la justice de Dieu, il promet de donner tout par surcroît. Tout en effet appartient à Dieu : à celui qui possède Dieu, rien ne manque, si lui-même ne manque pas à Dieu 1.
Mais la présence de ceux qui ont faim par manque de pain révèle une autre profondeur de cette demande. Le drame de la faim dans le monde appelle les chrétiens qui prient en vérité à une responsabilité effective envers leurs frères, tant dans leurs comportements personnels que dans leur solidarité avec la famille humaine. Cette demande de la Prière du Seigneur ne peut être isolée des paraboles du pauvre Lazare 1 et du jugement dernier§1038 2.
Comme le levain dans la pâte, la nouveauté du Royaume doit soulever la terre par l’Esprit du Christ a. Elle§1928 doit se manifester par l’instauration de la justice dans les relations personnelles et sociales, économiques et internationales, sans jamais oublier qu’il n’y a pas de structure juste sans des humains qui veulent être justes.
« Prie et travaille » a1. « Priez comme si tout dépendait de Dieu et travaillez comme si tout dépendait de vous » (Attribué à Ignace de Loyola ; voir Pierre de Ribadeneyra, Tractatus de modo gubernandi Sancti Ignatii 6, 14). Ayant fait§2428 notre travail, la nourriture reste un don de notre Père ; il est juste de la Lui demander et de Lui en rendre grâces pour cela même. C’est le sens de la bénédiction de la table dans une famille chrétienne.
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