Catéchisme de l'Église Catholique Catéchisme de l'Église Catholique

Deux participations à l’unique sacerdoce du Christ

Le sacerdoce ministériel ou hiérarchique des évêques et des prêtres, et le sacerdoce commun de tous les fidèles, bien§1142 que « l’un et l’autre, chacun selon son mode propre, participent de l’unique sacerdoce du Christ » a, diffèrent cependant essentiellement, tout en étant « ordonnés l’un à l’autre » b. En quel sens ? Alors que le sacerdoce commun des fidèles se réalise dans le déploiement de la grâce baptismale, vie de foi, d’espérance et de charité, vie selon l’Esprit, le sacerdoce ministériel est au service du sacerdoce commun§1120, il est relatif au déploiement de la grâce baptismale de tous les chrétiens. Il est un des moyens par lesquels le Christ ne cesse de construire et de conduire son Église. C’est pour cela qu’il est transmis par un sacrement propre, le sacrement de l’Ordre.
Dans le service ecclésial du ministre ordonné, c’est le Christ lui-même qui est présent à son Église en tant que§875§792 Tête de son corps, Pasteur de son troupeau, grand prêtre du sacrifice rédempteur, Maître de la Vérité. C’est ce que l’Église exprime en disant que le prêtre, en vertu du sacrement de l’Ordre, agit in persona Christi Capitis a1bcd2 :
C’est le même Prêtre, le Christ Jésus, dont en vérité le ministre tient le rôle. Si, en vérité, celui-ci est assimilé au Souverain Prêtre, à cause de la consécration sacerdotale qu’il a reçue, il jouit du pouvoir d’agir par la puissance du Christ lui-même qu’il représente (virtute ac persona ipsius Christi) a1bcd2.
Le Christ est la source de tout le sacerdoce : car le prêtre de l’ancienne loi était figure du Christ et le prêtre de la nouvelle agit en la personne du Christ (saint Thomas d’Aquin, summa theologiæ 3, 22, 4).
Par le ministère ordonné, spécialement des évêques et des prêtres, la présence du Christ comme chef de l’Église, est rendue visible au milieu de la communauté des croyants a. Selon la belle expression de saint Ignace d’Antioche, l’évêque est typos tou Patros§1142, il est comme l’image vivante de Dieu le Père bc.
Cette présence du Christ dans le ministre ne doit pas être comprise comme si celui-ci était prémuni contre toutes les§896 faiblesses humaines, l’esprit de domination, les erreurs, voire le péché. La force de l’Esprit Saint ne garantit pas de la même manière tous les actes des ministres. Tandis que dans les sacrements cette garantie est donnée, de sorte que même§1128 le péché du ministre ne peut empêcher le fruit de grâce, il existe beaucoup d’autres actes§1584 où l’empreinte humaine du ministre laisse des traces qui ne sont pas toujours le signe de la fidélité à l’Évangile, et qui peuvent nuire par conséquent à la fécondité apostolique de l’Église.
Ce sacerdoce est ministériel. « Cette charge, confiée par le Seigneur aux pasteurs de son peuple, est un véritable service§876 » a. Il est entièrement référé au Christ et aux hommes. Il dépend entièrement du Christ et de son sacerdoce unique, et il a été institué en faveur des hommes et de la communauté de l’Église. Le sacrement de l’Ordre communique « un pouvoir sacré », qui§1538 n’est autre que celui du Christ. L’exercice de cette autorité doit donc se mesurer d’après le modèle du Christ qui par amour s’est§608 fait le dernier et le serviteur de tous 1. « Le Seigneur a dit clairement que le soin apporté à son troupeau était une preuve d’amour pour Lui » b2.
Le sacerdoce ministériel n’a pas seulement pour tâche de représenter le Christ – Tête de l’Église – face à l’assemblée des fidèles, il agit aussi au nom de toute l’Église lorsqu’il présente à Dieu la prière de l’Église a et surtout lorsqu’il offre le sacrifice eucharistique b.
« Au nom de toute l’Église », cela ne veut pas dire que les prêtres soient les délégués de la communauté. La prière et l’offrande de l’Église sont inséparables de la prière et de l’offrande du Christ, son Chef. C’est toujours le culte du Christ dans et par son Église. C’est toute l’Église, corps du Christ, qui prie et qui s’offre, « per ipsum et cum ipso et in ipso », dans l’unité du Saint-Esprit, à Dieu le Père. Tout le corps, « caput et membra§795 », prie et s’offre, et c’est pourquoi ceux qui, dans le corps, en sont spécialement les ministres, sont appelés ministres non seulement du Christ, mais aussi de l’Église. C’est parce que le sacerdoce ministériel représente le Christ qu’il peut représenter l’Église.

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