Catéchisme de l'Église Catholique Catéchisme de l'Église Catholique

Article 2

Le chemin de la prière

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Dans la tradition vivante de la prière, chaque Église propose à ses fidèles, selon le contexte historique, sociale et culturel, le langage§1201 de leur prière : paroles, mélodies, gestes, iconographie. Il appartient au magistère a de discerner la fidélité de ces chemins de prière à la tradition de la foi apostolique, et il revient aux pasteurs et aux catéchètes d’en expliquer le sens, toujours relatif à Jésus-Christ.

La prière au Père

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Il n’est pas d’autre chemin de la prière chrétienne que le Christ. Que notre prière soit communautaire ou personnelle, vocale ou intérieure, elle n’a accès au Père que si nous prions « dans le Nom§2780 » de Jésus. La sainte Humanité de Jésus est donc le chemin par lequel l’Esprit Saint nous apprend à prier Dieu notre Père.

La prière à Jésus

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La prière de l’Église, nourrie par la Parole de Dieu et la célébration de la Liturgie, nous apprend à prier le Seigneur Jésus§451. Même si elle est surtout adressée au Père, elle comporte, dans toutes les traditions liturgiques, des formes de prière adressées au Christ. Certains psaumes, selon leur actualisation dans la Prière de l’Église, et le Nouveau Testament mettent sur nos lèvres et gravent dans nos cœurs les invocations de cette prière au Christ : Fils de Dieu, Verbe de Dieu, Seigneur, Sauveur, Agneau de Dieu, Roi, Fils bien-aimé, Fils de la Vierge, bon Berger, notre Vie, notre Lumière, notre Espérance, notre Résurrection, Ami des hommes...
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Mais le Nom qui contient tout est celui que le Fils de Dieu reçoit dans son Incarnation : JÉSUS. Le Nom divin est indicible§432 par les lèvres humaines 12, mais en assumant notre humanité le Verbe de Dieu nous le livre et nous pouvons l’invoquer : « Jésus », « YHWH sauve » 3. Le Nom de Jésus contient tout : Dieu et l’homme et toute l’Économie de la création et du salut. Prier§435 « Jésus », c’est l’invoquer, l’appeler en nous. Son Nom est le seul qui contient la Présence qu’il signifie. Jésus est Ressuscité, et quiconque invoque son Nom accueille le Fils de Dieu qui l’a aimé et s’est livré pour lui 4567.
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Cette invocation de foi toute simple a été développée dans la tradition de la prière sous maintes formes en Orient et en Occident. La formulation la plus habituelle, transmise par les spirituels du Sinaï, de Syrie et de l’Athos est l’invocation§2616 : « Jésus, Christ, Fils de Dieu, Seigneur, aie pitié de nous, pécheurs ! » Elle conjugue l’hymne christologique de Ph 2, 6-11 avec l’appel du publicain et des mendiants de la lumière 12. Par elle, le cœur est accordé à la misère des hommes et à la Miséricorde de leur Sauveur.
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L’invocation du saint Nom de Jésus est le chemin le plus simple de la prière continuelle. Souvent répétée par un cœur humblement§435 attentif, elle ne se disperse pas dans un « flot de paroles » 1, mais « garde la Parole et produit du fruit par la constance » 2. Elle est possible « en tout temps », car elle n’est pas une occupation à côté d’une autre mais l’unique occupation, celle d’aimer Dieu, qui anime et transfigure toute action dans le Christ Jésus.
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La prière de l’Église vénère et honore le Cœur de Jésus, comme elle invoque son Très saint Nom. Elle adore le Verbe incarné§478 et son Cœur qui par amour des hommes, s’est laissé transpercer par nos péchés. La prière chrétienne§1674 aime suivre le chemin de la croix à la suite du Sauveur. Les stations du Prétoire au Golgotha et au Tombeau scandent la marche de Jésus qui a racheté le monde par sa sainte Croix.

« Viens, Esprit Saint »

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« Nul ne peut dire : ‘Jésus est Seigneur’, que sous l’action de l’Esprit Saint » 1. Chaque fois que nous commençons à prier Jésus, c’est l’Esprit Saint qui, par sa grâce prévenante§683, nous attire sur le Chemin de la prière. Puisqu’il nous apprend à prier en nous rappelant§2001 le Christ, comment ne pas le prier lui-même ? C’est pourquoi l’Église nous invite à implorer chaque jour le Saint Esprit, spécialement au commencement et au terme de toute§1310 action importante.
Si l’Esprit ne doit pas être adoré, comment me divinise-t-il par le Baptême ? Et s’il doit être adoré, ne doit-il pas être l’objet d’un culte particulier ? 1.
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La forme traditionnelle de la demande de l’Esprit est d’invoquer le Père par le Christ notre Seigneur pour qu’il nous donne l’Esprit Consolateur 1. Jésus insiste sur cette demande en son Nom au moment même où il promet le don de l’Esprit de Vérité 234. Mais la prière la plus simple et la plus directe est aussi traditionnelle : « Viens, Esprit Saint », et chaque tradition liturgique l’a développée dans des antiennes et des hymnes :
« Viens, Esprit Saint, emplis les cœurs de tes fidèles, et allume en eux le feu de ton amour » 1.
« Roi céleste, Esprit Consolateur, Esprit de Vérité, partout présent et emplissant tout, trésor de tout bien et source de la Vie, viens, habite en nous, purifie-nous et sauve-nous, ô Toi qui es Bon ! » 234.
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L’Esprit Saint, dont l’Onction imprègne tout notre être, est le Maître intérieur de la prière chrétienne. Il est l’artisan de la tradition§695 vivante de la prière. Certes, il y a autant de cheminements dans la prière que de priants, mais c’est le même Esprit qui agit en tous et avec tous. C’est dans la communion de l’Esprit Saint que la prière chrétienne est prière dans l’Église.

En communion avec la Sainte Mère de Dieu

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Dans la prière, l’Esprit Saint nous unit à la Personne du Fils Unique, en son Humanité glorifiée. C’est par elle§689 et en elle que notre prière filiale communie dans l’Église avec la Mère de Jésus 1.
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Depuis le consentement apporté dans la foi à l’Annonciation et maintenu sans hésitation sous la croix, la maternité de Marie§494 s’étend désormais aux frères et aux sœurs de son Fils « qui sont encore des pèlerins et qui sont en butte aux dangers et aux misères » a. Jésus, l’unique Médiateur, est le Chemin de notre prière ; Marie, sa Mère et notre Mère, lui est toute transparente : elle « montre le Chemin » (Hodoghitria), elle en est « le Signe », selon l’iconographie traditionnelle en Orient et en Occident.
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C’est à partir de cette coopération singulière de Marie à l’action de l’Esprit Saint que les Églises ont développé§970 la prière à la sainte Mère de Dieu, en la centrant sur la Personne du Christ manifestée dans§512 ses mystères. Dans les innombrables hymnes et antiennes qui expriment cette prière, deux mouvements alternent habituellement : l’un « magnifie » le Seigneur pour les§2619 « grandes choses » qu’il a faites pour son humble servante, et par elle, pour tous les humains 1 ; l’autre confie à la Mère de Jésus les supplications et les louanges des enfants de Dieu, puisqu’elle connaît maintenant l’humanité qui en elle est épousée par le Fils de Dieu.
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Ce double mouvement de la prière à Marie§722§490§435 a trouvé une expression privilégiée dans la prière de l’« Ave Maria » :§146
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« Sainte Marie, Mère de Dieu, prie pour nous... » Avec Elisabeth nous nous émerveillons : « Comment m’est-il donné§1020 que vienne§495 à moi la mère de mon Seigneur ? » 1. Parce qu’elle nous donne Jésus son fils, Marie est la mère de Dieu et notre mère ; nous pouvons lui confier tous nos soucis et nos demandes : elle prie pour nous comme elle a prié pour elle-même : « Qu’il me soit fait selon ta parole » 2. En nous confiant à sa prière nous nous abandonnons avec elle à la volonté de Dieu : « Que ta volonté soit faite ».
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La piété médiévale de l’Occident a développé la prière du Rosaire, en substitut populaire de la Prière des Heures. En Orient, la forme§971§1674 litanique de l’Acathiste et de la Paraclisis est restée plus proche de l’office choral dans les Églises byzantines, tandis que les traditions arménienne, copte et syriaque, ont préféré les hymnes et les cantiques populaires à la Mère de Dieu. Mais dans l’Ave Maria, les théotokia, les hymnes de saint Ephrem ou de saint Grégoire de Narek, la tradition de la prière est ici fondamentalement la même.
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Marie est l’Orante parfaite, figure de l’Église. Quand nous la prions, nous adhérons avec elle au Dessein du Père, qui§967 envoie son Fils pour sauver tous les hommes. Comme le disciple bien-aimé, nous accueillons chez nous 1 la Mère de Jésus, devenue la mère de tous les vivants. Nous pouvons prier avec elle et la prier. La prière de l’Église est comme portée par la prière de Marie. Elle lui est unie dans l’espérance§972 a.