Catéchisme de l'Église Catholique Catéchisme de l'Église Catholique

VI. Ne nous soumets pas à la tentation

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Cette demande atteint la racine de la précédente, car nos péchés sont les fruits du consentement à la tentation. Nous demandons à notre Père de ne pas nous y « soumettre ». Traduire en un seul mot le terme§164 grec est difficile : il signifie « ne permets pas d’entrer dans » 1, « ne nous laisse pas succomber à la tentation ». « Dieu n’éprouve pas le mal, il n’éprouve non plus personne » 2, il veut au contraire nous en libérer. Nous lui demandons de ne pas nous laisser prendre le chemin qui conduit au péché. Nous sommes engagés dans le combat « entre la chair et l’Esprit ». Cette demande implore§2516 l’Esprit de discernement et de force.
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L’Esprit Saint nous fait discerner entre l’épreuve, nécessaire à la croissance de l’homme intérieur 123 en vue d’une « vertu éprouvée » 4, et la tentation, qui conduit au péché et à la mort 5. Nous devons aussi discerner entre « être tenté » et « consentir » à la tentation. Enfin, le discernement démasque§2284 le mensonge de la tentation : apparemment, son objet est « bon, séduisant à voir, désirable » 6, alors que, en réalité, son fruit est la mort.
Dieu ne veut pas imposer le bien, il veut des être libres. [...] À quelque chose tentation est bonne. Tous, sauf Dieu, ignorent ce que notre âme a reçu de Dieu, même nous. Mais la tentation le manifeste, pour nous apprendre à nous connaître, et par là, nous découvrir notre misère, et nous obliger à rendre grâce pour les biens que la tentation nous a manifestés 123.
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« Ne pas entrer dans la tentation » implique une décision du cœur : « Là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur. [...] Nul ne peut servir deux maîtres » 12. « Puisque l’Esprit est notre vie, que l’Esprit nous fasse aussi agir » 3. Dans ce « consentement » à l’Esprit Saint le Père§1808 nous donne la force. « Aucune tentation ne vous est survenue, qui passât la mesure humaine. Dieu est fidèle ; il ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces. Avec la tentation, il vous donnera le moyen d’en sortir et la force de la supporter » 4.
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Or un tel combat et une telle victoire ne sont possibles que dans la prière. C’est par sa prière que Jésus§560 est vainqueur du Tentateur, dès le début 1 et dans l’ultime combat de son agonie 2. C’est§612 à son combat et à son agonie que le Christ nous unit dans cette demande à notre§2612 Père. La vigilance du cœur est rappelée avec insistance 34567 en communion à la sienne. La vigilance est « garde du cœur » et Jésus demande au Père de « nous garder en son Nom » 8. L’Esprit Saint cherche à nous éveiller sans cesse à cette vigilance 9101112. Cette demande prend tout son sens dramatique par rapport à la tentation finale de notre combat sur terre ; elle demande la persévérance finale. « Je viens comme un voleur§162 : heureux celui qui veille ! » 13.

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