Chapitre 7
1. Chap. 7, 1-19. — La réalité du sacerdoce de Jésus-Christ : Melchisédech, simple figure de Jésus-Christ, est supérieur à Abraham (1-6a), par conséquent aux prêtres lévitiques (6b-10), dont le sacerdoce est impuissant et temporaire, tandis que celui de Jésus-Christ est éternel (11-19).
- 1
Ce Melchisédech, roi de Salem, prêtre du Dieu très-haut. — qui vint au devant d’Abraham à son retour de la défaite des rois, le bénit,
- 2
et à qui Abraham donna la dîme de tout le butin, — qui est d’abord, selon la signification de son nom, roi de justice, ensuite roi de Salem, c’est-à-dire, roi de paix,
- 3
— qui est sans père, sans mère, sans généalogie, qui n’a ni commencement de jours, ni fin de vie, — et qui est ainsi devenu semblable au Fils de Dieu : ce Melchisédech demeure prêtre pour toujours.
- 4
Considérez combien est grand celui à qui Abraham, le patriarche, donna une dîme sur ce qu’il y avait de meilleur.
- 5
Ceux des fils de Lévi qui obtiennent le sacerdoce ont, d’après la Loi, l’ordre de lever la dîme sur le peuple, c’est-à-dire sur leurs frères, qui cependant sont sortis eux aussi du sang d’Abraham ;
- 6
et lui, qui n’était pas issu de leur race, a levé la dîme sur Abraham, et il a béni celui qui avait les promesses.
- 7
Or, sans contredit, c’est l’inférieur qui est béni par le supérieur.
- 8
En outre, ici, ceux qui perçoivent les dîmes sont des hommes qui meurent ; mais là, c’est un homme dont il est attesté qu’il est vivant.
- 9
Et Lévi même, qui perçoit la dîme, l’a payée, pour ainsi dire, en la personne d’Abraham ;
- 10
car il était encore dans son aïeul, lorsque Melchisédech alla à sa rencontre.
- 11
Si donc la perfection avait pu être réalisée par le sacerdoce lévitique, — car c’est sous lui que le peuple reçut la loi, — quelle nécessité y avait-il qu’il surgît un autre prêtre « selon l’ordre de Melchisédech », et non selon l’ordre d’Aaron ?
- 12
Car, le sacerdoce étant changé, il est nécessaire que la Loi le soit aussi.
- 13
En effet, celui de qui ces paroles sont dites appartient à une autre tribu, dont aucun membre n’a servi à l’autel :
- 14
il est notoire en effet que notre Seigneur est sorti de Juda, tribu à laquelle Moïse n’a jamais attribué le sacerdoce.
- 15
Cela devient plus évident encore, s’il surgit un autre prêtre à la ressemblance de Melchisédech,
- 16
institué, non d’après les prescriptions d’une loi charnelle, mais selon la puissance d’une vie qui ne finit pas,
- 17
selon ce témoignage : « Tu es prêtre pour toujours selon l’ordre de Melchisédech. »
- 18
Ainsi, a été abrogée la première ordonnance, à cause de son impuissance et de son inutilité,
- 19
— car la Loi n’a rien amené à la perfection, — mais elle a été l’introduction à une meilleure espérance, par laquelle nous avons accès auprès de Dieu.
2. Chap. 7, 20-28 : Autres prérogatives du sacerdoce de Jésus-Christ. — Seul Jésus a été établi prêtre avec serment (20-22), prêtre unique (23-25) et parfait (26-28).
- 20
Et comme cela ne s’est pas fait sans serment, — car, tandis que les autres ont été établis prêtres sans serment,
- 21
celui-ci l’a été avec serment par celui qui lui a dit : « Le Seigneur l’a juré, et il ne s’en repentira pas : Tu es prêtre pour toujours selon l’ordre de Melchisédech », —
- 22
Jésus est par cela même le garant d’une alliance supérieure.
- 23
De plus, ils forment, eux, une longue série de prêtres, parce que la mort les empêchait de l’être toujours ;
- 24
mais lui, parce qu’il demeure éternellement, il possède un sacerdoce qui ne se transmet pas.
- 25
De là vient aussi qu’il peut sauver parfaitement ceux qui s’approchent de Dieu par lui, puisqu’il est toujours vivant pour intercéder en leur faveur.
- 26
Tel est, en effet, le grand prêtre qu’il nous fallait, saint, innocent, sans tache, séparé des pécheurs, et élevé au-dessus des cieux ;
- 27
qui n’a pas besoin, comme les grands prêtres, d’offrir chaque jour des sacrifices d’abord pour ses propres péchés, ensuite pour ceux du peuple, — car ceci, il l’a fait une fois pour toutes en s’offrant lui-même.
- 28
La Loi, en effet, institue grands prêtres des hommes sujets à la faiblesse ; mais la parole du serment, intervenue après la Loi, institue le Fils qui est arrivé à la perfection pour l’éternité.

