La première chose à enseigner, dans ce sujet, c’est la nécessité de la Prière, car la recommandation qui nous en est faite n’est pas un simple conseil, mais bien un précepte rigoureux et formel. Notre-Seigneur Jésus-Christ l’a déclaré expressément : « Il faut toujours prier. »1
Chapitre 38 — Section 2
De la nécessité de la prière
Cette nécessité de la Prière ressort également de la petite Préface que l’Eglise nous fait dire à la Messe, avant l’Oraison Dominicale : Notre-Seigneur, nous ayant commandé de prier, et nous ayant donné Lui-même un modèle de prière, nous osons dire, etc C’est donc parce que la Prière est nécessaire d’une part, et parce que d’autre part, ses disciples Lui avaient dit : « Seigneur, apprenez-nous à prier »,2 que le Fils de Dieu leur prescrivit une formule de prière, en leur donnant l’espoir qu’ils obtiendraient tout ce qu’ils demanderaient. Bien plus, Il voulut confirmer son précepte par son propre exemple, non seulement en priant avec assiduité, mais même en passant des nuits entières à prier.
Les Apôtres ne manquèrent pas de transmettre ce précepte de Jésus-Christ à ceux qui embrassaient la Foi chrétienne. C’est ainsi que Saint Pierre et Saint Jean se font un devoir de le rappeler très exactement aux âmes croyantes ; et l’Apôtre Saint Paul s’empresse de les imiter, en exhortant fréquemment les Chrétiens à cette salutaire obligation de la Prière.
Il est, en outre, tant de biens et de secours dont nous avons besoin et pour l’âme et pour le corps, qu’il nous faut absolument recourir à la Prière. Elle seule, en effet, est capable d’exposer fidèlement à Dieu notre détresse. Elle seule peut en obtenir tout ce qui nous manque. ne l’oublions pas, Dieu ne doit rien à personne, et par conséquent, si nous voulons qu’Il nous accorde ce dont nous avons besoin, nous devons nécessairement le solliciter de Lui par la Prière. La Prière est comme un instrument qu’Il nous a donné, afin que nous nous en servions pour obtenir ce que nous désirons. Sans la Prière — cela n’est que trop certain — il est des choses que nous n’aurions jamais. Ainsi, l’un de ses effets les plus extraordinaires, c’est qu’elle possède la vertu de chasser les démons. Car, dit Notre-Seigneur dans Saint Matthieu : « Il est un genre de démons qui ne peut se chasser que par le jeûne et par la Prière. »3
C’est donc se priver d’un grand nombre de faveurs particulières, que de négliger ce pieux exercice de la Prière, de n’en point prendre l’habitude, de ne pas s’en acquitter avec tout le soin qu’il mérite. Pour obtenir, au contraire, ce que l’on demande, il ne faut pas seulement une Prière convenable, il faut une prière persévérante. Comme le dit très bien Saint Jérôme4 il est écrit : « On donne à quiconque demande. Si donc on ne vous donne pas, c’est que vous ne demandez pas. Demandez donc, et vous recevrez. »5
