L’adultère est la violation du droit le plus sacré qui unit par serment inviolable les Epoux l’un à l’autre. L’Epoux qui manquerait de fidélité à son Epouse commettrait une faute très grave ; quiconque libre pécherait avec une personne non libre, se rendrait gravement coupable aux yeux de Dieu.
Chapitre 34 — Section 2
De l’adultère
Selon Saint Ambroise et Saint Augustin, ce Commandement porté contre l’adultère s’étend à tout ce qui est déshonnête et impur. Et nos Saints Livres, ceux de l’Ancien, comme ceux du nouveau testament, ne nous permettent pas d’être d’un avis différent. Ainsi, outre l’adultère, d’autres genres de libertinage sont encore punis dans Moise. La Genèse nous rapporte un jugement de Juda contre sa belle-fille,1 et le Deutéronome défend positivement qu’aucune des filles d’Israël ne se livre au mal.2 Tobie faisait cette exhortation à son fils : « Gardez-vous, ô mon fils, de toute impudicité »3 ; et l’Ecclésiastique nous dit : « Rougissez de jeter les yeux sur une femme de mauvaise vie. »4
Dans l’Evangile, Notre-Seigneur Jésus-Christ nous assure « que du cœur sortent les adultères et les intentions mauvaises qui rendent l’homme coupable. »5 Quant à Saint Paul, c’est dans une foule de passages, et dans les termes les plus sévères, qu’il flétrit ce péché. Ici il dit : « La volonté de Dieu est que vous soyez saints et que vous évitiez l’impudicité »6 ; là « Fuyez ce vice »7 ; ailleurs « Evitez les impudiques »8 ; puis « Qu’on n’entende pas même parler parmi vous de ce péché, ni d’impureté de quelque sorte, ni d’avarice »9 ; puis encore : « ni les impudiques, ni les adultères, ni les efféminés, ni les abominables ne seront héritiers du Royaume de Dieu. »10
La principale raison pour laquelle l’adultère est expressément défendu dans ce Commandement, c’est que, outre la turpitude qui lui est commune avec toutes les autres espèces d’impuretés, il est en même temps un acte d’injustice flagrante non seulement contre le prochain, mais même contre la société civile. Il est certain d’ailleurs que celui qui ne sait pas s’abstenir des autres péchés d’impureté sera bien vite entraîné jusqu’à l’adultère.
Il est donc facile de comprendre qu’en défendant l’adultère, Dieu a défendu en même temps toute sorte d’impureté, capable de souiller le corps. De plus le libertinage intérieur du cœur est également défendu, car cette Loi est essentiellement spirituelle. nous en avons la preuve dans ces paroles de Notre-Seigneur Jésus-Christ : « Vous savez qu’il a été dit aux Anciens : vous ne serez point adultères ; mais Moi Je vous dis que quiconque regarde une femme avec une intention mauvaise, a déjà commis t’adultère dans son cœur. »11
Voilà ce qu’il nous a semblé que le Pasteur pouvait dire en public sur cette matière, en y ajoutant toutefois ce que le Saint Concile de Trente12 a décrété contre les adultères, et contre ceux qui s’exposent à vivre dans l’habitude du mal et des fréquentations mauvaises. Il laissera de côté toutes les autres variétés de péchés contre ce Commandement, pour n’en parler qu’en particulier, et encore, selon que les circonstances et la situation des personnes lui en feront un devoir :
Il reste à expliquer maintenant la partie du précepte qui commande.
