Nous avons à parler maintenant du Ministre de l’Eucharistie, non qu’il soit possible à personne de l’ignorer, mais pour ne rien omettre de tout ce qui semble se rattacher à la doctrine de ce Sacrement. On enseignera donc que les Prêtres seuls ont reçu le pouvoir de consacrer l’Eucharistie, et de la distribuer aux Fidèles. L’usage de l’Eglise a toujours été, dit le Concile de Trente, que le peuple reçût la communion des mains des Prêtres, et que les Prêtres se communiassent eux-mêmes, quand ils célèbrent les saints Mystères ; usage que ce saint Concile fait remonter aux Apôtres et qu’il ordonne de conserver religieusement, d’autant plus qu’il est fondé sur l’exemple si frappant de Notre-Seigneur Jésus-Christ Lui-même, qui consacra son Corps adorable et Le présenta aux Apôtres de ses propres mains. Et même afin de rehausser encore par tous les moyens possibles, la dignité d’un Sacrement si auguste, non seulement le pouvoir de l’administrer n’a été donné qu’aux Prêtres, mais l’Eglise a défendu par une loi, à tous ceux qui ne sont pas dans les Ordres, de manier ou de toucher les vases sacrés, les linges et autres choses nécessaires pour la Consécration, sauf le cas de quelque grave nécessité. Et c’est ce qui doit faire comprendre, tant aux Prêtres eux-mêmes, qu’aux simples Fidèles, avec quels sentiments de piété et quelle innocence il convient de consacrer, d’administrer et de recevoir l’Eucharistie. néanmoins, ce que nous avons dit plus haut des autres Sacrements, qu’ils peuvent être administrés validement, même par des Ministres indignes, pourvu que la matière et la forme soient exactement employées, n’est pas moins vrai du Sacrement de l’Eucharistie. La Foi nous enseigne que leur effet ne dépend pas du mérite de celui qui les administre, mais de la puissance et des mérites de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Chapitre 20 — Section 6
Ministre du sacrement de l’Eucharistie
Voilà ce qu’il faudra dire de l’Eucharistie considérée comme Sacrement. Il reste à la considérer maintenant comme Sacrifice. Après cela, les Pasteurs n’ignoreront rien de ce qu’ils sont obligés, d’après le décret du Concile de Trente, d’enseigner aux peuples sur ce Mystère ; les jours de Dimanches et de Fêtes.
