On leur apprendra donc que la Confirmation a cela de commun avec les autres Sacrements, qu’elle donne une grâce nouvelle, si elle ne trouve aucun empêchement dans celui qui la reçoit. nous l’avons démontré plus haut : tous les Sacrements sont des signes mystiques et sacrés, qui signifient et produisent tout à la fois la Grâce sanctifiante. Ainsi la Confirmation remet et pardonne les péchés, puisqu’il est impossible de supposer un instant la grâce avec le péché. Mais outre ces effets qui sont ceux de tous les Sacrements en général, la Confirmation a d’abord cela de particulier, qu’elle perfectionne la grâce du Baptême. Ceux qui sont devenus Chrétiens par le Baptême demeurent encore faibles et sans énergie, comme des enfants nouvellement nés, mais ensuite le sacrement du saint Chrême les rend plus forts pour résister aux attaques de la chair, du monde et du démon ; il fortifie la foi dans leurs cœur », pour qu’ils puissent confesser et glorifier le nom de notre Seigneur Jésus-Christ ; et c’est pour cela sans doute que ce Sacrement a reçu le nom de Confirmation.
Chapitre 17 — Section 5
Des effets du sacrement de confirmation
Car il ne faut pas croire, comme quelques-uns l’ont supposé avec autant d’ignorance que d’impiété, que ce mot de Confirmation vienne de ce qu’autrefois ceux qui avaient été baptisés dans leur enfance étaient conduits à l’âge adulte devant l’Evêque pour confirmer en sa présence la profession de Foi qu’ils avaient faite au Baptême ; autrement il faudrait dire qu’il n’y avait aucune différence entre la Confirmation et l’instruction que l’on faisait aux Catéchumènes ; ce qui ne peut se soutenir par aucun témoignage certain. non ; la Confirmation tire son nom de ce que Dieu, par la vertu de ce Sacrement, confirme en nous ce que le Baptême a commencé d’y produire, et nous conduit à la perfection de la Vie chrétienne. Et non seulement ce Sacrement confirme en nous la Grâce, mais il l’augmente encore. Le Pape Melchiade nous l’assure en ces termes : « l’Esprit Saint, en descendant sur les eaux du Baptême, les rend salutaires, et leur communique la plénitude de la Grâce pour réparer l’innocence de l’homme ; mais par la Confirmation Il donne une augmentation de grâce. » Et non seulement Il l’augmente, mais II l’augmente d’une manière admirable. C’est ce que l’Ecriture a parfaitement exprimé par l’image d’un vêtement nouveau, dans ces paroles de notre Sauveur à ses Apôtres :17 « Demeurez dans la ville, jusqu’à ce que vous soyez revêtus de la Vertu d’en haut. »
Si les Pasteurs veulent faire connaître la divine efficacité de ce Sacrement (et rien assurément ne sera plus propre à toucher le cœur des Fidèles) il leur suffira d’expliquer ce qui arriva aux Apôtres. Avant la Passion, et à l’heure même de la Passion, ils étaient si timides et si faibles, qu’ils prirent la fuite aussitôt qu’ils virent arrêter Jésus-Christ. Pierre lui-même, qui avait été désigné pour être la pierre fondamentale de l’Eglise, qui avait montré d’ailleurs beaucoup de courage et de grandeur d’âme, Pierre s’effraye à la voix d’une simple femme, et soutient non pas une fois, ni deux, mais trois fois de suite, qu’il n’est point le disciple de Jésus-Christ. tous enfin, après la Résurrection, se retirent dans une maison et s’y renferment par la crainte qu’ils ont des Juifs. Le jour de la Pentecôte, au contraire ils sont tellement remplis de la vertu du Saint-Esprit, qu’ils se mettent à prêcher hardiment, et en toute liberté, l’Evangile qui leur a été confié non seulement aux Juifs, mais à l’univers tout entier, et qu’ils ne trouvent pas de plus grand bonheur que « celui d’être jugés dignes de souffrir pour le nom de Jésus-Christ, les affronts, » la prison, les tourments et les croix.18
Enfin la Confirmation a la vertu d’imprimer un caractère qui fait qu’on ne peut la recevoir plus d’une fois, ainsi que nous l’avons déjà dit du Baptême, et comme nous le dirons encore plus au long, en parlant du sacrement de l’Ordre.
Si les Pasteurs expliquent souvent, et avec soin, ces vérités aux Fidèles, il est impossible que, après avoir connu l’excellence et l’utilité de ce Sacrement, ils ne s’empressent pas de le recevoir avec beaucoup de zèle, de piété, et de foi.
