Question 95–113

Le quatrième article.

95

Que nous enseigne le quatrième article : A souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort et a été enseveli ?

Le quatrième article du Credo nous enseigne que Jésus-Christ, pour racheter le monde par son Sang précieux, souffrit sous Ponce Pilate, gouverneur de la Judée, et mourut sur le bois de la croix d’où il fut descendu pour être enseveli.

96

Que veulent dire les mots : a souffert ?

Les mots a souffert expriment toutes les peines souffertes par Jésus-Christ dans sa passion.

97

Jésus-Christ a-t-il souffert comme Dieu ou comme homme ?

Jésus-Christ a souffert comme homme seulement, parce que comme Dieu il ne pouvait ni souffrir ni mourir.

98

Quelle sorte de supplice était celui de la croix ?

Le supplice de la croix était alors le plus cruel et le plus ignominieux de tous les supplices.

99

Qui est-ce qui condamna Jésus-Christ à être crucifié ?

Celui qui condamna Jésus-Christ à être crucifié fut Ponce Pilate, gouverneur de la Judée, qui avait reconnu son innocence, mais qui céda honteusement à l’insistance menaçante du peuple de Jérusalem.

100

Jésus-Christ n’aurait-il pas pu se délivrer des mains des Juifs et de Pilate ?

Oui, Jésus-Christ aurait pu se délivrer des mains des Juifs et de Pilate ; mais, sachant que la volonté de son Père Éternel était qu’il souffrît et mourût pour notre salut, il s’y soumit volontairement, et même il alla Lui-même au-devant de ses ennemis et se laissa spontanément prendre et conduire à la mort.

101

Où fut crucifié Jésus-Christ ?

Jésus-Christ fut crucifié sur le mont du Calvaire.

102

Que fit Jésus-Christ sur la croix ?

Jésus-Christ sur la croix pria pour ses ennemis ; donna pour mère au disciple saint Jean et, en sa personne, à nous tous sa propre Mère la Très Sainte Vierge ; off rit sa mort en sacrifice et satisfit à la justice de Dieu pour les péchés des hommes.

103

N’aurait-il pas suffi qu’un Ange vînt satisfaire pour nous ?

Non, il n’aurait pas suffi qu’un Ange vînt satisfaire pour nous, parce que l’offense faite à Dieu par le péché était, à un certain point de vue, infinie, et il fallait pour la réparer une personne d’un mérite infini.

104

Pour satisfaire à la divine Justice était-il nécessaire que Jésus-Christ fût Dieu et homme tout ensemble ?

Oui, il fallait que Jésus-Christ fût homme pour pouvoir souffrir et mourir, et il fallait qu’il fût Dieu pour que ses souffrances eussent une valeur infinie.

105

Pourquoi était-il nécessaire que les mérites de Jésus-Christ fussent d’une valeur infinie ?

Il était nécessaire que les mérites de Jésus-Christ fussent d’une valeur infinie, parce que la majesté de Dieu, offensée par le péché, est infinie.

106

Était-il nécessaire que Jésus souffrît autant ?

Non, il n’était pas absolument nécessaire que Jésus souffrît autant, parce que la moindre de ses souffrances aurait été suffisante pour notre Rédemption, chacun de ses actes ayant une valeur infinie.

107

Pourquoi donc Jésus voulut-il tant souffrir ?

Jésus voulut tant souffrir pour satisfaire plus abondamment à la divine Justice, pour nous montrer encore plus son amour et pour nous inspirer une plus grande horreur du péché.

108

Arriva-t-il des prodiges à la mort de Jésus ?

Oui, à la mort de Jésus le soleil s’obscurcit, la terre trembla, les sépulcres s’ouvrirent et beaucoup de morts ressuscitèrent.

109

Où fut enseveli le corps de Jésus-Christ ?

Le corps de Jésus-Christ fut enseveli dans un sépulcre nouveau, creusé dans le rocher non loin du lieu où il avait été crucifié.

110

Dans la mort de Jésus-Christ, la divinité se sépare-t-elle de son corps et de son âme ?

Dans la mort de Jésus-Christ la divinité ne se sépara ni du corps ni de l’âme ; il y eut seulement séparation de l’âme et du corps.

111

Pour qui est mort Jésus-Christ ?

Jésus-Christ est mort pour le salut de tous les hommes et il a satisfait pour tous.

112

Si Jésus-Christ est mort pour le salut de tous, pourquoi tous ne sont-ils pas sauvés ?

Jésus-Christ est mort pour le salut de tous et tous ne sont pas sauvés parce que tous ne veulent pas le reconnaître, tous n’observent pas sa loi, tous ne se servent pas des moyens de sanctification qu’il nous a laissés.

113

Pour être sauvés, suffit-il que Jésus-Christ soit mort pour nous ?

Pour être sauvés, il ne suffit pas que Jésus-Christ soit mort pour nous ; il est nécessaire qu’à chacun de nous soient appliqués le fruit et les mérites de sa passion et de sa mort, application qui se fait surtout par les sacrements que Jésus-Christ lui-même a institués dans ce but. Et comme beaucoup ou ne reçoivent pas les sacrements ou les reçoivent mal, ils rendent inutile pour eux la mort de Jésus-Christ.