Fils de Dieu, dans l’Ancien Testament, est un titre donné aux anges 1, au peuple de l’Élection 2, aux enfants d’Israël 3 et à leurs rois 4. Il signifie alors une filiation adoptive qui établit entre Dieu et sa créature des relations d’une intimité particulière. Quand le Roi-Messie promis est dit « fils de Dieu » 5, cela n’implique pas nécessairement, selon le sens littéral de ces textes, qu’il soit plus qu’humain. Ceux qui ont désigné ainsi Jésus en tant que Messie d’Israël 6 n’ont peut-être pas voulu dire davantage 7.
III. Fils unique de Dieu
Il n’en va pas de même pour Pierre quand il confesse Jésus comme « le Christ, le Fils du Dieu vivant§424 » 1 car celui-ci lui répond avec solennité : « Cette révélation ne t’est pas venue de la chair§552 et du sang mais de mon Père qui est dans les cieux » 2. Parallèlement Paul dira à propos de sa conversion sur le chemin de Damas : « Quand Celui qui dès le sein maternel m’a mis à part et appelé par sa grâce daigna révéler en moi son Fils pour que je l’annonce parmi les païens... » 3. « Aussitôt il se mit à prêcher Jésus dans les synagogues, proclamant qu’il est le Fils de Dieu » 4. Ce sera dès le début 5 le centre de la foi apostolique 6 professée d’abord par Pierre comme fondement de l’Église 7.
Si Pierre a pu reconnaître le caractère transcendant de la filiation divine de Jésus Messie, c’est que celui-ci l’a nettement laissé entendre. Devant le Sanhédrin, à la demande de ses accusateurs : « Tu es donc le Fils de Dieu », Jésus a répondu : « Vous le dites bien, je le suis » 1. Bien avant déjà, Il s’est désigné comme « le Fils » qui connaît le Père 2, qui est distinct des « serviteurs » que Dieu a auparavant envoyés à son peuple 3, supérieur aux anges eux-mêmes 4. Il a distingué sa filiation de celle de ses disciples en ne disant jamais « notre Père§2786 » 5 sauf pour leur ordonner « vous donc priez ainsi : Notre Père » 6 ; et il a souligné cette distinction : « Mon Père et votre Père » 7.
Les Évangiles rapportent en deux moments solennels, le Baptême et la transfiguration du Christ, la voix du Père qui Le désigne§536§554 comme son « Fils bien-aimé » 1. Jésus se désigne Lui-même comme « le Fils Unique de Dieu » 2 et affirme par ce titre sa préexistence éternelle 3. Il demande la foi « au nom du Fils unique de Dieu » 4. Cette confession chrétienne apparaît déjà dans l’exclamation du centurion face à Jésus en croix : « Vraiment cet homme était Fils de Dieu » 5. Dans le mystère pascal seulement le croyant peut donner sa portée ultime au titre de « Fils de Dieu ».
C’est après sa Résurrection que sa filiation divine apparaît dans la puissance de son humanité glorifiée : « Selon l’Esprit§653 qui sanctifie, par sa Résurrection d’entre les morts, il a été établi comme Fils de Dieu dans sa puissance » 1. Les apôtres pourront confesser : « Nous avons vu sa gloire, gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité » 2.
