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Devoirs des citoyens

Le citoyen est obligé en conscience de ne pas suivre les prescriptions des autorité§1901s civiles quand ces préceptes sont§1903 contraires aux exigences de l’ordre moral, aux droits fondamentaux des personnes ou aux enseignements de l’Évangile. Le refus d’obéissance aux autorités civiles§2313, lorsque leurs exigences sont contraires à celles de la conscience droite, trouve sa justification dans la distinction entre le service de Dieu et le service de la communauté politique. « Rendez à César ce qui appartient à César, et à Dieu§450 ce qui appartient à Dieu » 1. « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes » 2 :
Si l’autorité publique, débordant sa compétence, opprime les citoyens, que ceux-ci ne refusent pas ce qui est objectivement demandé par le bien commun. Il leur est cependant permis de défendre leurs droits et ceux de leurs concitoyens contre les abus du pouvoir, en respectant les limites tracées par la loi naturelle et la loi évangélique 1.
La résistance à l’oppression du pouvoir politique ne recourra pas légitimement aux armes, sauf si se trouvent§2309 réunis les conditions suivantes : (1) en cas de violations certaines, graves et prolongées des droits fondamentaux ; (2) après avoir épuisé tous les autres recours ; (3) sans provoquer des désordres pires ; (4) qu’il y ait un espoir fondé de réussite ; (5) s’il est impossible de prévoir raisonnablement des solutions meilleures.
Toute institution s’inspire, même implicitement, d’une vision de l’homme et de sa destinée, d’où elle tire ses références de jugement§1910, sa hiérarchie des valeurs, sa ligne de conduite. La plupart des sociétés ont référé leurs institutions à une certaine prééminence de l’homme sur les§1881 choses. Seule la Religion divinement révélée a clairement reconnu en Dieu, Créateur et Rédempteur, l’origine et la destinée de l’homme. L’Église invite les pouvoirs politiques à référer leurs jugements et leurs décisions à cette inspiration de la Vérité§2109 sur Dieu et sur l’homme :
Les sociétés qui ignorent cette inspiration ou la refusent au nom de leur indépendance par rapport à Dieu, sont amenées à chercher en elles-mêmes ou à emprunter à une idéologie leurs références et leur fin, et, n’admettant pas que l’on défende un critère objectif du bien et du mal, se donnent sur l’homme et sur sa destinée un pouvoir totalitaire, déclaré ou sournois, comme le montre l’histoire a1.
L’Église qui, en raison de sa charge et de sa compétence, ne se confond d’aucune manière avec la communauté politique, est§912 à la fois le signe et la sauvegarde du caractère transcendant de la personne humaine. « L’Église respecte et promeut la liberté politique et la responsabilité des citoyens » a.
Il appartient à la mission de l’Église de « porter un jugement moral, même en des matières qui touchent le domaine politique§2032, quand les droits fondamentaux de la personne ou le salut des âmes l’exigent, en utilisant tous les moyens, et ceux-là seulement, qui sont conformes§2420 à l’Évangile et en harmonie avec le bien de tous, selon la diversité des temps et des situations » a.
« Honore ton père et ta mère » 1.
Selon le quatrième commandement, Dieu a voulu qu’après lui, nous honorions nos parents et ceux qu’il a, pour notre bien, revêtus d’ autorité.
La communauté conjugale est établie sur l’alliance et le consentement des époux. Le mariage et la famille sont ordonnés au bien des conjoints, à la procréation et à l’éducation des enfants.
« Le bien humain et chrétien de la personne et de la société est étroitement lié à la bonne santé de la communauté conjugale et familiale » a.
Les enfants doivent à leurs parents respect, gratitude, juste obéissance et aide. Le respect filial favorise l’harmonie de toute la vie familiale.
Les parents sont les premiers responsables de l’éducation de leurs enfants à la foi, à la prière et à toutes les vertus. Ils ont le devoir de pourvoir dans toute la mesure du possible aux besoins physiques et spirituels de leurs enfants.
Les parents doivent respecter et favoriser la vocation de leurs enfants. Ils se rappelleront et enseigneront que le premier appel du chrétien, c’est de suivre Jésus.
L’autorité publique est tenue de respecter les droits fondamentaux de la personne humaine et les conditions d’exercice de sa liberté.
Le devoir des citoyens est de travailler avec les pouvoirs civils à l’édification de la société dans un esprit de vérité, de justice, de solidarité et de liberté.
Le citoyen est obligé en conscience de ne pas suivre les prescriptions des autorités civiles quand ces préceptes sont contraires aux exigences de l’ordre moral. « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes » 1.
Toute société réfère ses jugements et sa conduite à une vision de l’homme et de sa destinée. Hors des lumières de l’Évangile sur Dieu et sur l’homme, les sociétés deviennent aisément totalitaires.
« La vie humaine est sacrée parce que, dès son origine, elle comporte l’action créatrice de Dieu et demeure pour toujours§356 dans une relation spéciale avec le Créateur, son unique fin. Dieu seul est le maître de la vie de son commencement à son terme : personne en aucune circonstance ne peut revendiquer pour soi le droit de détruire directement un être humain innocent » a.
L’Écriture, dans le récit du meurtre d’Abel par son frère Caïn 1, révèle, dès les débuts de l’histoire humaine, la présence dans§401 l’homme de la colère et de la convoitise, conséquences du péché originel. L’homme est devenu l’ennemi de son semblable. Dieu dit la scélératesse de ce fratricide : « Qu’as-tu fait ? La voix du sang de ton frère crie vers moi. Maintenant donc maudit sois-tu de par le sol qui a ouvert sa bouche pour prendre de ta main le sang de ton frère » 2.
L’alliance de Dieu et de l’humanité est tissée des rappels du don divin de la vie humaine et de la violence meurtrière de l’homme :
L’Ancien Testament a toujours considéré le sang comme un signe sacré de la vie 1. La nécessité de cet enseignement est de tous les temps.
Je demanderai compte du sang de chacun de vous. [...] Qui verse le sang de l’homme, par l’homme aura son sang versé. Car à l’image de Dieu l’homme a été fait 1.
L’Écriture précise l’interdit du cinquième commandement : « Tu ne tueras pas l’innocent ni le juste » 1. Le meurtre volontaire d’un innocent est gravement contraire à la dignité de l’être humain, à la règle§1756 d’or et à la sainteté du Créateur. La loi qui le proscrit est universellement§1956 valable : elle oblige tous et chacun, toujours et partout.
Dans le Sermon sur la Montagne, le Seigneur rappelle le précepte : « Tu ne tueras pas » 1, il y ajoute la proscription de la colère, de la haine et de la vengeance. Davantage encore, le Christ demande à son disciple de tendre l’autre joue 2, d’aimer ses ennemis 3. Lui-même§2844 ne s’est pas défendu et a dit à Pierre de laisser l’épée au fourreau 4.

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