« Tous les hommes sont tenus de chercher la vérité, surtout en ce qui concerne Dieu et son Église ; et quand ils§2467 l’ont connue, de l’embrasser et de lui être fidèles » a. Ce devoir découle de « la nature même des hommes » b. Il ne contredit pas un « respect sincère » pour les diverses religions qui « apportent souvent un rayon de la vérité qui illumine tous§851 les hommes » c, ni l’exigence de la charité qui presse les chrétiens « d’agir avec amour, prudence, patience, envers ceux qui se trouvent dans l’erreur ou dans l’ignorance de la foi » d.
Le devoir social de religion et le droit à la liberté religieuse
Le devoir de rendre à Dieu un culte authentique concerne l’homme individuellement et socialement. C’est là « la doctrine catholique traditionnelle sur le devoir moral des hommes et des sociétés à l’égard de la vraie religion et de l’unique Église du Christ » a. En évangélisant sans cesse§854 les hommes, l’Église travaille à ce qu’ils puissent « pénétrer d’esprit chrétien les mentalités et les mœurs, les lois et les structures de la communauté où ils vivent » b. Le devoir social des chrétiens est de respecter et d’éveiller en chaque homme§898 l’amour du vrai et du bien. Il leur demande de faire connaîtrele culte de l’unique vraie religion qui subsiste dans l’Église catholique et apostolique c. Les chrétiens sont appelés à être la lumière du monde d. L’Église manifeste ainsi la royauté du Christ sur toute la création et en particulier sur les sociétés humaines ef.
« Qu’en matière religieuse, nul ne soit forcé d’agir contre sa conscience, ni empêché d’agir, dans de justes limites, suivant§160§1782 sa conscience en privé comme en public, seul ou associé à d’autres » a. Ce droit est§1738 fondé sur la nature même de la personne humaine dont la dignité lui fait adhérer librement à vérité divine qui transcende l’ordre temporel. C’est pourquoi il « persiste même en ceux-là qui ne satisfont pas à l’obligation de chercher la vérité et d’y adhérer » b.
« Si, en raison des circonstances particulières dans lesquelles se trouvent des peuples, une reconnaissance civile spéciale est accordée dans l’ordre juridique de la cité à une société religieuse donnée, il est nécessaire qu’en même temps, pour tous les citoyens et toutes les communautés religieuses, le droit à la liberté en matière religieuse soit reconnu et respecté » a.
Le droit à la liberté religieuse n’est ni la permission morale d’adhérer à l’erreur a, ni un droit supposé à l’erreur b, mais§1740 un droit naturel de la personne humaine à la liberté civile, c’est-à-dire à l’immunité de contrainte extérieure, dans de justes limites, en matière religieuse, de la part du pouvoir politique. Ce droit naturel doit être reconnu dans l’ordre juridique de la société de telle manière qu’il constitue un droit civil c.
Le droit à la liberté religieuse ne peut être de soi ni illimité a, ni limité seulement par un « ordre public » conçu de manière positiviste ou naturaliste§2244 b. Les « justes limites » qui lui sont inhérentes doivent être déterminées pour chaque situation sociale par la prudence politique, selon les exigences du bien commun, et ratifiées§1906 par l’autorité civile selon des « règles juridiques conformes à l’ordre moral objectif » c.
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