À partir du Triduum Pascal, comme de sa source de lumière, le temps nouveau de la Résurrection emplit toute l’année liturgique§2698 de sa clarté. De proche en proche, de part et d’autre de cette source, l’année est transfigurée par la Liturgie. Elle est réellement « année de grâce du Seigneur » 1. L’Économie du salut est à l’œuvre dans le cadre du temps, mais depuis son accomplissement dans la Pâque de Jésus et l’effusion de l’Esprit Saint, la fin de l’histoire est anticipée, ‘en avant-goût’, et le Royaume de Dieu entre dans notre temps.
L’année liturgique
C’est pourquoi Pâques n’est pas simplement une fête parmi d’autres : elle est la « Fête des fêtes », « Solennité des solennités », comme l’Eucharistie est le Sacrement des sacrements (le Grand sacrement). Saint Athanase§1330 l’appelle « le Grand dimanche » (epistula festivalis 329 : PG 26, 1366A), comme la Semaine sainte est appelée§560 en Orient « la Grande Semaine ». Le Mystère de la Résurrection, dans lequel le Christ a écrasé la mort, pénètre notre vieux temps de sa puissante énergie, jusqu’à ce que tout Lui soit soumis.
Au Concile de Nicée (en 325) toutes les Églises se sont mises d’accord pour que la Pâque chrétienne soit célébrée le dimanche qui suit la pleine lune (14 Nisan) après l’équinoxe de printemps. À cause des différentes méthodes de calcul du 14 Nisan, la date de Pâques dans les Églises d’Occident et d’Orient ne coïncide pas toujours. C’est pourquoi, ces Églises cherchent aujourd’hui un accord, afin de parvenir de nouveau à célébrer à une date commune le jour de la Résurrection du Seigneur.
L’année§524 liturgique est le déploiement des divers aspects de l’unique mystère pascal. Cela vaut tout particulièrement pour le cycle des fêtes autour du Mystère de l’Incarnation (Annonciation, Noël, Épiphanie) qui commémorent le commencement de notre salut et nous communiquent les prémices du mystère de Pâques.
« En célébrant le cycle annuel des mystères du Christ, la sainte Église vénère avec un particulier amour la bienheureuse Marie§971, Mère de Dieu, qui est unie à son Fils dans l’œuvre du salut§2030 par un lien indissoluble. En Marie, l’Église admire et exalte le fruit le plus excellent de la rédemption, et, comme dans une image très pure, elle contemple avec joie ce qu’elle-même désire et espère être tout entière » a.
Quand l’Église, dans le cycle annuel, fait mémoire des martyrs et des autres saints, elle « proclame le mystère pascal » en ceux§957 et celles « qui ont souffert avec le Christ et sont glorifiés avec lui, et elle propose aux fidèles leurs exemples qui les attirent tous au Père par le Christ, et, par leurs mérites, elle obtient les bienfaits de Dieu » ab.
