Catéchisme de l'Église Catholique Catéchisme de l'Église Catholique

Article 2

Nous croyons

La foi est un acte personnel : la réponse libre de l’homme à l’initiative de Dieu qui se révèle. Mais la foi n’est§875 pas un acte isolé. Nul ne peut croire seul, comme nul ne peut vivre seul. Nul ne s’est donné la foi à lui-même comme nul ne s’est donné la vie à lui-même. Le croyant a reçu la foi d’autrui, il doit la transmettre à autrui. Notre amour pour Jésus et pour les hommes nous pousse à parler à autrui de notre foi. Chaque croyant est ainsi comme un maillon dans la grande chaîne des croyants. Je ne peux croire sans être porté par la foi des autres, et par ma foi, je contribue à porter la foi des autres.
« Je crois » (Symbole des Apôtres) : c’est la foi de l’Église professée personnellement par chaque croyant, principalement lors du baptême. « Nous croyons§1124 » (Symbole de Nicée-Constantinople, dans l’original grec) : c’est la foi de l’Église confessée par les évêques assemblés en Concile ou, plus généralement, par l’assemblée liturgique des croyants. « Je crois » : c’est aussi l’Église, notre Mère, qui répond à Dieu par sa foi§2040 et qui nous apprend à dire : « Je crois », « Nous croyons ».

I. « Regarde, Seigneur, la foi de ton Église »

C’est d’abord l’Église qui croit, et qui ainsi porte, nourrit et soutient ma foi. C’est d’abord l’Église qui, partout, confesse le Seigneur (« C’est toi que par tout l’univers la Sainte Église proclame son Seigneur », chantons-nous dans le « Te Deum  »), et avec elle et en elle, nous sommes entraînés et amenés à confesser, nous aussi : « Je crois », « Nous croyons ». C’est par l’Église que nous recevons la foi et la vie nouvelle dans le Christ§1253 par le baptême. Dans le « Rituale Romanum  », le ministre du baptême demande au catéchumène : « Que demandes-tu à l’Église de Dieu ? » Et la réponse : « La foi ». « Que te donne la foi ? » « La vie éternelle » (OICA 75 et 247).
Le salut vient de Dieu seul ; mais parce que nous recevons la vie de la foi à travers l’Église, celle-ci est notre mère : « Nous croyons l’Église comme la mère de notre nouvelle naissance, et non pas§750 en l’Église comme si elle était l’auteur de notre salut » a. Parce§2030 qu’elle est notre mère, elle est aussi l’éducatrice de notre foi.

II. Le langage de la foi

Nous ne croyons pas en des formules, mais dans les réalités qu’elles expriment et que la foi nous permet de « toucher ». « L’acte (de foi) du croyant ne s’arrête pas à l’énoncé, mais à la réalité (énoncée) » (saint Thomas d’Aquin, summa theologiæ 2-2, 1, 2, ad 2). Cependant, ces réalités, nous les approchons à l’aide des formulations§186 de la foi. Celles-ci permettent d’exprimer et de transmettre la foi, de la célébrer en communauté, de l’assimiler et d’en vivre de plus en plus.
L’Église qui est « la colonne et le soutien de la vérité » 1, garde fidèlement « la foi transmise aux saints une§78§857§84 fois pour toutes » 2. C’est elle qui garde la mémoire des Paroles du Christ, c’est elle qui transmet de génération en génération la confession de foi des apôtres. Comme une mère qui apprend à ses enfants à parler, et par là même à comprendre et à communiquer, l’Église, notre Mère, nous apprend le langage de la foi pour§185 nous introduire dans l’intelligence et la vie de la foi.

III. Une seule foi

Depuis des siècles, à travers tant de langues, cultures, peuples et nations, l’Église ne cesse de confesser sa foi unique, reçue d’un seul Seigneur, transmise par un seul baptême, enracinée dans la conviction que tous les hommes n’ont qu’un seul Dieu et Père 1. Saint§813 Irénée de Lyon, témoin de cette foi, déclare :
« En effet, l’Église§830, bien que dispersée dans le monde entier jusqu’aux extrémités de la terre, ayant reçu des apôtres et de leurs disciples la foi [...] garde [cette prédication et cette foi] avec soin, comme n’habitant qu’une seule maison, elle y croit d’une manière identique, comme n’ayant qu’une seule âme et qu’un seul cœur, et elle les prêche, les enseigne et les transmet d’une voix unanime, comme ne possédant qu’une seule bouche » a.
« Car, si les langues diffèrent à travers le monde, le contenu de la Tradition est un et identique. Et ni les Églises établies en Germanie§78 n’ont d’autre foi ou d’autre Tradition, ni celles qui sont chez les Ibères, ni celles qui sont chez les Celtes, ni celles de l’Orient, de l’Égypte, de la Libye, ni celles qui sont établies au centre du monde... » a « Le message de l’Église est donc véridique et solide, puisque c’est chez elle qu’un seul chemin de salut apparaît à travers le monde entier » b.
« Cette foi que nous avons reçue de l’Église, nous la gardons avec soin, car sans cesse, sous l’action de l’Esprit de Dieu, telle un dépôt de grand prix renfermé dans un vase excellent, elle rajeunit et fait rajeunir le vase même qui la contient » a.
La foi est une adhésion personnelle de l’homme tout entier à Dieu qui se révèle. Elle comporte une adhésion de l’intelligence et de la volonté à la Révélation que Dieu a faite de lui-même par ses actions et ses paroles.
« Croire » a donc une double référence : à la personne et à la vérité ; à la vérité par confiance en la personne qui l’atteste.
Nous ne devons croire en nul autre que Dieu, le Père, le Fils et le Saint-Esprit.
La foi est un don surnaturel de Dieu. Pour croire, l’homme a besoin des secours intérieurs du Saint-Esprit.
« Croire » est un acte humain, conscient et libre, qui correspond à la dignité de la personne humaine.
« Croire » est un acte ecclésial. La foi de l’Église précède, engendre, porte et nourrit notre foi. L’Église est la mère de tous les croyants. « Nul ne peut avoir Dieu pour Père qui n’a pas l’Église pour mère » a.
« Nous croyons tout ce qui est contenu dans la parole de Dieu, écrite ou transmise, et que l’Église propose à croire comme divinement révélé » a.
La foi est nécessaire au salut. Le Seigneur lui-même l’affirme : « Celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé ; celui qui ne croira pas, sera condamné » 1.
« La foi est un avant-goût de la connaissance qui nous rendra bienheureux dans la vie future » a.