Dans la condescendance de sa bonté, Dieu, pour se révéler aux hommes, leur parle en paroles humaines : « En effet, les paroles de Dieu, exprimées en langues humaines, ont pris la ressemblance du langage humain, de même que le Verbe du Père éternel, ayant assumé l’infirmité de notre chair, est devenu semblable aux hommes » a.
Article 3
La sainte écriture
I. Le Christ – Parole unique de l’Écriture Sainte
À travers toutes les paroles§426-429 de l’Écriture Sainte, Dieu ne dit§65 qu’une seule Parole, son Verbe unique en qui Il se dit tout entier 1 :§2763
Rappelez-vous que c’est une même Parole de Dieu qui s’étend dans toutes les Écritures, que c’est un même Verbe qui résonne dans la bouche de tous les écrivains sacrés, lui qui, étant au commencement Dieu auprès de Dieu, n’y a pas besoin de syllabes parce qu’il n’y est pas soumis au temps 1.
Dans l’Écriture Sainte, l’Église trouve sans cesse sa nourriture et sa force a, car en elle, elle n’accueille pas seulement une parole humaine, mais ce qu’elle est réellement : la Parole de Dieu 1. « Dans les Saints livres, en effet, le Père qui est aux Cieux vient avec tendresse au-devant de ses fils et entre en conversation avec eux » b.
II. Inspiration et vérité de la Sainte Écriture
Dieu est l’Auteur de l’Écriture Sainte. « La vérité divinement révélée, que contiennent et présentent les livres de la Sainte Écriture, y a été consignée sous l’inspiration de l’Esprit Saint ».
« Notre Sainte Mère l’Église, de par sa foi apostolique, juge sacrés et canoniques tous les livres tant de l’Ancien que du Nouveau Testament, avec toutes leurs parties, puisque, rédigés sous l’inspiration de l’Esprit Saint ils ont Dieu pour auteur et qu’ils ont été transmis comme tels à l’Église elle-même » a.
« Notre Sainte Mère l’Église, de par sa foi apostolique, juge sacrés et canoniques tous les livres tant de l’Ancien que du Nouveau Testament, avec toutes leurs parties, puisque, rédigés sous l’inspiration de l’Esprit Saint ils ont Dieu pour auteur et qu’ils ont été transmis comme tels à l’Église elle-même » a.
Dieu a inspiré les auteurs humains des livres sacrés. « En vue de composer ces livres sacrés, Dieu a choisi des hommes auxquels il eut recours dans le plein usage de leurs facultés et de leurs moyens, pour que, lui-même agissant en eux et par eux, ils missent par écrit, en vrais auteurs, tout ce qui était conforme à son désir, et cela seulement » a.
Les livres inspirés enseignent la vérité. « Dès lors§702, puisque toutes les assertions des auteurs inspirés ou hagiographes doivent être tenues pour assertions de l’Esprit Saint, il faut déclarer que les livres de l’Écriture enseignent fermement, fidèlement et sans erreur la vérité que Dieu a voulu voir consignée pour notre salut dans les Lettres sacrées » a.
Cependant, la foi chrétienne n’est pas une « religion du Livre ». Le christianisme est la religion de la « Parole » de Dieu, « non d’un verbe écrit et muet, mais du Verbe incarné et vivant » a. Pour qu’elles ne restent pas lettre morte, il faut que le Christ, Parole éternelle du Dieu vivant, par l’Esprit Saint nous « ouvre l’esprit à l’intelligence des Écritures » 1.
III. L’Esprit Saint, interprète de l’Écriture
Pour découvrir l’intention des auteurs sacrés, il faut tenir compte des conditions de leur temps et de leur culture, des « genres littéraires » en usage à cette époque, des manières de sentir, de parler et de raconter courantes en ce temps-là. « Car c’est de façon bien différente que la vérité se propose et s’exprime en des textes diversement historiques, en des textes, ou prophétiques, ou poétiques, ou même en d’autres genres d’expression » a.
Mais puisque l’Écriture Sainte est inspirée, il y a un autre principe de l’interprétation juste, non moins important que le précédent, et sans lequel l’Écriture demeurerait lettre morte : « La Sainte Écriture doit être lue et interprétée à la lumière du même Esprit qui la fit rédiger » a.
Le Concile Vatican II indique trois critères pour une interprétation de l’Écriture conforme à l’Esprit qui l’a inspirée b :
Le Concile Vatican II indique trois critères pour une interprétation de l’Écriture conforme à l’Esprit qui l’a inspirée b :
1. Porter une grande attention « au contenu et à l’unité de toute l’Écriture ». En effet, aussi différents que soient les livres qui la composent, l’Écriture est une en raison de l’unité§128 du dessein de Dieu§368, dont le Christ Jésus est le centre et le cœur, ouvert depuis sa Pâque 1.
Le cœur 12 du Christ désigne la Sainte Écriture qui fait connaître le cœur du Christ. Ce cœur était fermé avant la passion car l’Écriture était obscure. Mais l’Écriture a été ouverte après la passion, car ceux qui désormais en ont l’intelligence considèrent et discernent de quelle manière les prophéties doivent être interprétées 3.
2. Lire ensuite l’Écriture dans « la Tradition vivante de toute l’Église ». Selon un adage des Pères, la Sainte Écriture se lit bien plus dans le cœur de l’Église que dans les moyens matériels de son expression ab. En effet, l’Église porte dans sa Tradition la mémoire vivante de la Parole de Dieu, et c’est l’Esprit Saint§81 qui lui donne l’interprétation spirituelle de l’Écriture c.
Les sens de l’Écriture
« Il appartient aux exégètes de s’efforcer, suivant ces règles, de pénétrer et d’exposer plus profondément le sens de la Sainte Écriture§113, afin que, par leurs études en quelque sorte préparatoires, mûrisse le jugement§94 de l’Église. Car tout ce qui concerne la manière d’interpréter l’Écriture est finalement soumis au jugement de l’Église, qui exerce le ministère et le mandat divinement reçus de garder la parole de Dieu et de l’interpréter » a :
Je ne croirais pas à l’Évangile, si l’autorité de l’Église catholique ne m’y poussait a.
IV. Le Canon des Écritures
C’est la Tradition apostolique qui a fait discerner à l’Église quels écrits devaient être comptés dans la liste des§117 Livres Saints a. Cette liste intégrale est appelée « Canon » des Écritures. Elle comporte pour l’Ancien Testament 46 (45, si l’on compte Jr et Lm ensemble) écrits et 27 pour le Nouveau b1 :
L’Ancien Testament
En effet, « l’Économie de l’Ancien Testament avait pour principale raison d’être de préparer l’avènement du Christ Sauveur du monde§702§763 ». « Bien qu’ils contiennent de l’imparfait et du provisoire », les livres de l’Ancien Testament témoignent de toute la divine pédagogie de l’amour salvifique§708 de Dieu : « En eux se trouvent de sublimes enseignements sur Dieu, une bienfaisante sagesse sur la vie humaine, d’admirables trésors de prière ; en eux§2568 enfin se tient caché le mystère de notre salut » a.
Le Nouveau Testament
« La Parole de Dieu qui est une force divine pour le salut de tout croyant, se présente dans les écrits du Nouveau Testament et sa puissance s’y manifeste de façon singulière » a. Ces écrits nous livrent la vérité définitive de la Révélation divine. Leur objet central est Jésus-Christ, le Fils de Dieu incarné, ses actes, ses enseignements, sa passion et sa glorification ainsi que les débuts de son Église sous l’action de l’Esprit Saint b.
L’Évangile quadriforme occupe dans l’Église une place unique, témoins la vénération dont l’entoure la liturgie§1154 et l’attrait incomparable qu’il a exercé de tout§2705 temps sur les saints :
Il n’y a aucune doctrine qui soit meilleure, plus précieuse et plus splendide que le texte de l’Évangile. Voyez et retenez ce que notre Seigneur et Maître, le Christ, a enseigné par ses paroles et réalisé par ses actes a.
C’est par-dessus tout l’Évangile qui m’entretient pendant mes oraisons ; en lui je trouve tout ce qui est nécessaire à ma pauvre âme. J’y découvre toujours de nouvelles lumières, des sens cachés et mystérieux b.
C’est par-dessus tout l’Évangile qui m’entretient pendant mes oraisons ; en lui je trouve tout ce qui est nécessaire à ma pauvre âme. J’y découvre toujours de nouvelles lumières, des sens cachés et mystérieux b.
L’unité de l’Ancien et du Nouveau Testament
L’Église, déjà aux temps apostoliques 1, et puis constamment dans sa Tradition, a éclairé l’unité du plan divin dans les deux Testaments grâce à la typologie. Celle-ci discerne dans les œuvres§1094 de Dieu dans l’Ancienne Alliance des préfigurations de ce que Dieu a accompli dans la plénitude§489 des temps, en la personne de son Fils incarné.
Les chrétiens lisent donc l’Ancien Testament à la lumière§2055 du Christ§651 mort et ressuscité. Cette lecture typologique manifeste le contenu inépuisable de l’Ancien Testament. Elle ne doit pas faire oublier qu’il garde sa valeur propre de Révélation que Notre Seigneur§1968 lui-même a réaffirmée 1. Par ailleurs, le Nouveau Testament demande d’être lu aussi à la lumière de l’Ancien. La catéchèse chrétienne primitive y aura constamment recours 2. Selon un vieil adage, le Nouveau Testament est caché dans l’Ancien, alors que l’Ancien est dévoilé dans le Nouveau : « Le Nouveau se cache dans l’Ancien et dans le Nouveau l’Ancien se dévoile » ab.
V. La Sainte Écriture dans la vie de l’Église
« La force et la puissance que recèle la Parole de Dieu sont si grandes qu’elles constituent, pour l’Église, son point d’appui et sa vigueur et, pour les enfants de l’Église, la force de leur foi, la nourriture de leur âme, la source pure et permanente de leur vie spirituelle » a. Il faut « que l’accès à la Sainte Écriture soit largement ouvert aux chrétiens » b.
« Que l’étude§94 de la Sainte Écriture soit donc pour la sacrée théologie comme son âme. Que le ministère de la Parole, qui comprend la prédication pastorale, la catéchèse, et toute l’instruction chrétienne, où l’homélie liturgique doit avoir une place de choix, trouve, lui aussi, dans cette même Parole de l’Écriture, une saine nourriture et une saine vigueur » a.
