Catéchisme de l'Église Catholique Catéchisme de l'Église Catholique

Article 11

« Je crois à la résurrection de la chair »

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Le Credo chrétien – profession de notre foi en Dieu le Père, le Fils et le Saint-Esprit, et dans son action créatrice, salvatrice et sanctificatrice – culmine en la proclamation de la résurrection des morts à la fin des temps, et en la vie éternelle.
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Nous croyons fermement, et ainsi nous espérons, que de même que le Christ est vraiment ressuscité des morts§655, et qu’il vit pour toujours, de même après leur mort les justes vivront pour toujours avec le Christ ressuscité et qu’il les ressuscitera au dernier jour 1. Comme la sienne, notre résurrection sera l’œuvre de la Très Sainte Trinité§648 :
Si l’Esprit de Celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, Celui qui a ressuscité Jésus-Christ d’entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels, par son Esprit qui habite en vous 1.
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Le terme « chair » désigne l’homme dans sa condition de faiblesse et de mortalité 123. La « résurrection de la chair » signifie qu’il n’y aura pas seulement, après la mort, la vie de l’âme immortelle, mais que même nos « corps§364 mortels » 4 reprendront vie.
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Croire en la résurrection des morts a été dès ses débuts un élément essentiel de la foi chrétienne§638. « Une conviction des chrétiens : la résurrection des morts ; cette croyance nous fait vivre » a :
Comment certains d’entre vous peuvent-ils dire qu’il n’y a pas de résurrection des morts ? S’il n’y a pas de résurrection des morts, le Christ non plus n’est pas ressuscité. Mais si le Christ n’est pas ressuscité, alors notre prédication est vide, vide aussi votre foi. [...] Mais non, le Christ est ressuscité des morts, prémices de ceux qui se sont endormis a.

I. La résurrection du Christ et la nôtre

Révélation progressive de la Résurrection

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La résurrection des morts a été révélée progressivement par Dieu à son Peuple. L’espérance en la résurrection corporelle des morts s’est imposée comme une conséquence intrinsèque de la foi en un Dieu créateur§297 de l’homme tout entier, âme et corps. Le créateur du ciel et de la terre est aussi Celui qui maintient fidèlement son alliance avec Abraham et sa descendance. C’est dans cette double perspective que commencera à s’exprimer la foi en la résurrection. Dans leurs épreuves, les martyrs Maccabées confessent :
Le Roi du monde nous ressuscitera pour une vie éternelle, nous qui mourons pour ses lois 1. Mieux vaut mourir de la main des hommes en tenant de Dieu l’espoir d’être ressuscité par lui 234.
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Les Pharisiens 1 et bien des contemporains du Seigneur 2 espéraient la résurrection. Jésus l’enseigne fermement. Aux Sadducéens§575 qui la nient il répond : « Vous ne connaissez ni les Écritures ni la puissance de Dieu, vous êtes dans l’erreur » 3. La foi en la résurrection repose§205 sur la foi en Dieu qui « n’est pas un Dieu des morts, mais des vivants » 4.
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Mais il y a plus : Jésus lie la foi en la résurrection à sa propre personne : « Je suis la Résurrection et la vie » 1. C’est Jésus lui-même qui ressuscitera au dernier jour ceux qui auront cru en lui 23 et qui auront mangé son corps et bu son sang 4. Il en donne dès maintenant un signe§646 et un gage en rendant la vie à certains morts 567, annonçant par là sa propre Résurrection qui sera cependant d’un autre ordre. De cet événement unique Il parle comme du « signe de Jonas » 8, du signe du Temple 9 : il annonce sa Résurrection le troisième jour§652 après sa mise à mort 10.
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Être témoin du Christ, c’est être « témoin de sa Résurrection » 12, « avoir mangé et bu avec lui après§860 sa Résurrection d’entre les morts » 3. L’espérance chrétienne en la résurrection est toute marquée par les rencontres avec le Christ ressuscité. Nous ressusciterons§655 comme Lui, avec Lui, par Lui.
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Dès le début, la foi chrétienne en la résurrection a rencontré incompréhensions et oppositions 12. « Sur aucun point la foi§643 chrétienne ne rencontre plus de contradiction que sur la résurrection de la chair » a. Il est très communément accepté qu’après la mort la vie de la personne humaine continue d’une façon spirituelle. Mais comment croire que ce corps si manifestement mortel puisse ressusciter à la vie éternelle ?

Comment les morts ressuscitent-ils ?

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Qu’est-ce que « ressusciter » ? Dans la mort, séparation de l’âme et du corps, le corps§366 de l’homme tombe dans la corruption, alors que son âme va à la rencontre de Dieu, tout en demeurant en attente d’être réunie à son corps glorifié. Dieu dans sa Toute-Puissance rendra définitivement la vie incorruptible à nos corps en les unissant à nos âmes, par la vertu de la Résurrection de Jésus.
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Qui ressuscitera ? Tous les hommes qui sont morts : « ceux qui auront fait le bien ressusciteront pour la vie§1038, ceux qui auront fait le mal, pour la damnation » 12.
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Comment ? Le Christ est ressuscité avec son propre corps : « Regardez mes mains et mes pieds : c’est bien moi§640 » 1 ; mais Il n’est pas revenu à une vie terrestre. De même, en Lui, « tous ressusciteront§645 avec leur propre corps, qu’ils ont maintenant » a, mais ce corps sera « transfiguré en corps de gloire » 2, en « corps spirituel » 3 :
Mais, dira-t-on, comment les morts ressuscitent-ils ? Avec quel corps reviennent-ils ? Insensé ! Ce que tu sèmes, toi, ne reprend vie, s’il ne meurt. Et ce que tu sèmes, ce n’est pas le corps à venir, mais un grain tout nu [...]. On sème de la corruption, il ressuscite de l’incorruption ; [...] les morts ressusciteront incorruptibles [...]. Il faut en effet que cet être corruptible revête l’incorruptibilité, que cet être mortel revête l’immortalité 1.
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Ce « comment » dépasse notre§1405 imagination et notre entendement ; il n’est accessible que dans la foi. Mais§647 notre participation à l’Eucharistie nous donne déjà un avant-goût de la transfiguration de notre corps par le Christ :
De même que le pain qui vient de la terre, après avoir reçu l’invocation de Dieu, n’est plus du pain ordinaire, mais eucharistie, constituée de deux choses, l’une terrestre et l’autre céleste, de même nos corps qui participent à l’eucharistie ne sont plus corruptibles, puisqu’ils ont l’espérance de la résurrection a
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Quand ? Définitivement « au dernier jour » 1234 ; « à la fin du monde » a. En effet, la résurrection des morts§1038§673 est intimement associée à la Parousie du Christ :
Car lui-même, le Seigneur, au signal donné par la voix de l’archange et la trompette de Dieu, descendra du ciel, et les morts qui sont dans le Christ ressusciteront en premier lieu 1234.

Ressuscités avec le Christ

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S’il est vrai que le Christ nous ressuscitera « au dernier jour », il est vrai aussi que, d’une certaine façon, nous sommes déjà ressuscités avec le Christ. En effet, grâce à l’Esprit Saint, la vie chrétienne est, dès maintenant sur terre, une participation à la mort et à la Résurrection du Christ§655 :
Ensevelis avec le Christ lors du Baptême, vous en êtes aussi ressuscités avec lui, parce que vous avez cru en la force de Dieu qui L’a ressuscité des morts [...]. Du moment donc que vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les choses d’en haut, là où se trouve le Christ, assis à la droite de Dieu 12
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Unis au Christ par le Baptême, les croyants participent déjà réellement à la vie céleste du Christ ressuscité 1, mais cette§1227 vie demeure « cachée avec le Christ en Dieu » 2 « Avec lui Il nous a ressuscités§2796 et fait asseoir au cieux, dans le Christ Jésus » 3. Nourris de son Corps dans l’Eucharistie, nous appartenons déjà au Corps du Christ. Lorsque nous ressusciterons au dernier jour nous serons aussi « manifestés avec lui pleins de gloire » 4.
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Dans l’attente de ce jour, le corps et l’âme du croyant participent déjà à la dignité d’être « au Christ » ; d’où l’exigence de respect envers§364 son propre corps, mais aussi envers celui d’autrui, particulièrement§1397 lorsqu’il souffre :
Le corps est pour le Seigneur, et le Seigneur pour le corps. Et Dieu, qui a ressuscité le Seigneur, nous ressuscitera, nous aussi, par sa puissance. Ne savez-vous pas que vos corps sont des membres du Christ ? [...] Vous ne vous appartenez pas [...] Glorifiez donc Dieu dans votre corps 12.

II. Mourir dans le Christ Jésus

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Pour ressusciter avec le Christ, il faut mourir avec le Christ, il faut « quitter ce corps pour aller demeurer auprès du Seigneur » 1. Dans ce « départ » 2 qu’est la mort, l’âme est séparée du corps§624. Elle sera réunie à son corps le jour de la résurrection des morts a.

La mort

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« C’est en face de la mort que l’énigme de la condition humaine atteint son sommet » a. En un sens, la mort corporelle est naturelle§164§1500, mais pour la foi elle est en fait « salaire du péché » 12. Et pour ceux qui meurent dans la grâce du Christ, elle est une participation à la mort du Seigneur, afin de pouvoir participer aussi à sa Résurrection 34.
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La mort est le terme de la vie terrestre. Nos vies sont mesurées par le temps, au cours duquel nous changeons, nous vieillissons et, comme chez tous les êtres vivants de la terre, la mort apparaît comme la fin normale de la vie. Cet aspect de la mort donne une urgence à nos vies : le souvenir de notre mortalité sert aussi à nous rappeler que nous n’avons qu’un temps limité pour réaliser notre vie :
Souviens-toi de ton Créateur aux jours de ton adolescence, [...] avant que la poussière ne retourne à la terre, selon qu’elle était, et que le souffle ne retourne à Dieu qui l’avait donné 12.
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La mort est conséquence du péché. Interprète authentique des affirmations de la Sainte Écriture 123456 et de la Tradition§401, le Magistère de l’Église enseigne que la mort est entrée dans le monde à cause du péché de l’homme a. Bien que l’homme possédât une nature mortelle, Dieu le destinait à ne pas mourir. La mort fut donc contraire aux desseins de Dieu Créateur, et elle§376 entra dans le monde comme conséquence du péché 7. « La mort corporelle, à laquelle l’homme aurait été soustrait s’il n’avait pas péché » b, est ainsi « le dernier ennemi » de l’homme à devoir être vaincu 8.
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La mort est transformée par le Christ. Jésus, le Fils de Dieu, a souffert lui aussi la mort, propre de la condition humaine. Mais§612, malgré son effroi face à elle 12, il l’assuma dans un acte de soumission totale et libre à la volonté de son Père. L’obéissance de Jésus a transformé la malédiction de la mort en bénédiction 3.

Le sens de la mort chrétienne

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Grâce au Christ, la mort chrétienne a un sens positif. « Pour moi, la vie c’est le Christ et mourir un gain » 1. « C’est là une parole certaine : si nous mourons avec lui, nous vivrons avec lui » 2. La nouveauté essentielle de la mort chrétienne est là : par le Baptême§1220, le chrétien est déjà sacramentellement « mort avec le Christ », pour vivre d’une vie nouvelle ; et si nous mourons dans la grâce du Christ, la mort physique consomme ce « mourir avec le Christ » et achève ainsi notre incorporation à Lui dans son acte rédempteur :
Il est bon pour moi de mourir dans (eis) le Christ Jésus, plus que de régner sur les extrémités de la terre. C’est lui que je cherche, qui est mort pour nous ; lui que je veux, qui est ressuscité pour nous. Mon enfantement approche [...]. Laissez-moi recevoir la pure lumière ; quand je serai arrivé là, je serai un homme 1.
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Dans la mort, Dieu appelle l’homme vers Lui. C’est pourquoi le chrétien peut éprouver envers la mort un désir semblable à celui de saint Paul : « J’ai le désir de m’en aller et d’être avec le Christ » 1 ; et il peut transformer§1025 sa propre mort en un acte d’obéissance et d’amour envers le Père, à l’exemple du Christ 2 :
Mon désir terrestre a été crucifié ; [...] il y a en moi une eau vive qui murmure et qui dit au-dedans de moi « Viens vers le Père » 1.
Je veux voir Dieu, et pour le voir il faut mourir 2.
Je ne meurs pas, j’entre dans la vie a.
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La vision chrétienne de la mort 1 est exprimée de façon privilégiée dans la liturgie de l’Église :
Pour tous ceux qui croient en toi, Seigneur, la vie n’est pas détruite, elle est transformée ; et lorsque prend fin leur séjour sur la terre, ils ont déjà une demeure éternelle dans les cieux 1.
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La mort est la fin du pèlerinage terrestre de l’homme, du temps de grâce et de miséricorde que Dieu lui offre pour réaliser sa vie terrestre selon le dessein divin et pour décider son destin ultime. Quand a pris fin « l’unique cours de notre vie terrestre » a, nous ne reviendrons plus à d’autres vies terrestres. « Les hommes ne meurent qu’une fois » 1. Il n’y a pas de « réincarnation » après la mort.
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L’Église nous encourage à nous préparer pour l’heure de notre mort (« Délivre-nous, Seigneur, d’une mort subite et imprévue » : ancienne Litanie des saints), à demander à la Mère de Dieu d’intercéder pour nous « à l’heure de notre mort » §2676-2677, et à nous confier à saint Joseph, patron de la bonne mort :
Dans toutes tes actions, dans toutes tes pensées tu devrais te comporter comme si tu devais mourir aujourd’hui. Si ta conscience était en bon état, tu ne craindrais pas beaucoup la mort. Il vaudrait mieux se garder de pécher que de fuir la mort. Si aujourd’hui tu n’es pas prêt, comment le seras-tu demain ? (Imitation du Christ 1, 23, 1).
Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur notre mort corporelle, à qui nul homme vivant ne peut échapper. Malheur à ceux qui mourront dans les péchés mortels, heureux ceux qu’elle trouvera dans ses très saintes volontés, car la seconde mort ne leur fera pas mal (saint François d’Assise, cant.).