Chapitre 7
4. Chap. vii, 1-14 : Comment Salomon a acquis la sagesse. — Salomon a eu la même origine et la même entrée dans le monde que le reste des hommes (vii, 1-6). Il a prié et a préféré la sagesse à tout (vii, 7-10). Biens qu’il en a reçus (vii, 11, 12). Désir qu’il a de la communiquer (vii, 13, 14).
- 1
Je suis moi-même un mortel, semblable à tous et descendant du premier qui fut formé de terre.
- 2
J’ai été formé quant à la chair dans le sein de ma mère, pendant dix mois prenant consistance dans le sang, par la semence de l’homme, durant le repos du sommeil.
- 3
Moi aussi, à ma naissance, j’ai respiré l’air commun à tous, je suis tombé sur la même terre, et, comme celui de tous, mon premier cri fut un gémissement.
- 4
J’ai été élevé dans des langes et avec des soins infinis.
- 5
Aucun roi n’a eu un autre commencement d’existence.
- 6
Il n’y a pour tous qu’une seule manière d’entrer dans la vie et d’en sortir.
5. Chap. vii, 15 — viii, 1 : La sagesse divine, mère de la sagesse humaine. — Salomon demande à Dieu de lui accorder de bien parler de la sagesse (vii, 15, 16), qui l’a instruit lui-même de toutes sciences (vii, 17-22a). La sagesse divine, ses attributs (vii, 22b-24), ce qu’elle est par rapport à Dieu (vii, 25, 26), son activité (vii, 27, 28), son éclat (vii, 29 — viii, 1).
- 15
Que Dieu me donne d’en parler comme je le voudrais, et de concevoir des pensées dignes des dons que j’ai reçus ! Car c’est lui qui conduit la sagesse, et qui dirige les sages.
- 16
Nous sommes dans sa main, nous et nos discours, et toute la prudence et le savoir-faire.
- 17
C’est lui qui m’a donné la véritable science des êtres, pour me faire connaître la structure de l’univers, et les propriétés des éléments,
- 18
le commencement, la fin et le milieu des temps, les retours périodiques du soleil, les vicissitudes des temps,
- 19
les cycles des années et la position des étoiles,
- 20
la nature des animaux et les instincts des bêtes, la puissance des esprits et les raisonnements des hommes, les différentes espèces des plantes et la vertu des racines.
- 21
Tout ce qui est caché et à découvert, je l’ai appris ;
- 22
car la sagesse, ouvrière de toutes choses, me l’a enseigné. En elle, en effet, il y a un esprit intelligent, saint, unique, multiple, immatériel, actif, pénétrant, sans souillure, infaillible, impassible, aimant le bien, sagace, ne connaissant pas d’obstacle, bienfaisant,
- 23
bon pour les hommes, immuable, assuré, tranquille, tout-puissant, surveillant tout, pénétrant tous les esprits, les intelligents, les purs et les plus subtils.
- 24
Car la sagesse est plus agile que tout mouvement ; elle pénètre et s’introduit partout, à cause de sa pureté.
- 25
Elle est le souffle de la puissance de Dieu, une pure émanation de la gloire du Tout-puissant ; aussi rien de souillé ne peut tomber sur elle.
- 26
Elle est le resplendissement de la lumière éternelle, le miroir sans tache de l’activité de Dieu, et l’image de sa bonté.
- 27
Etant unique, elle peut tout ; restant la même, elle renouvelle tout ; se répandant, à travers les âges, dans les âmes saintes, elle en fait des amis de Dieu et des prophètes.
- 28
Dieu, en effet, n’aime que celui qui habite avec la sagesse.
- 29
Car elle est plus belle que le soleil, et que l’arrangement harmonieux des étoiles. Comparée à la lumière, elle l’emporte sur elle ;
- 30
car la lumière fait place à la nuit, mais le mal ne prévaut pas contre la sagesse.

