La tradition chrétienne voit dans ce passage une annonce du « nouvel Adam » 1 qui, par son « obéissance jusqu§359§615’à la mort de la Croix » 2 répare en surabondance la désobéissance d’Adam 3. Par ailleurs, de nombreux Pères et docteurs de l’Église voient dans la femme annoncée dans le « protévangile » la mère du Christ, Marie, comme « nouvelle Ève ». Elle a été celle qui, la première et d’une manière unique, a bénéficié de la victoire sur le péché remportée par le Christ : elle a été préservée§491 de toute souillure du péché originel a et durant toute sa vie terrestre, par une grâce spéciale de Dieu, elle n’a commis aucune sorte de péché b.
Philippiens 2, 8
il s’est abaissé lui-même, se faisant obéissant jusqu’à la mort, et à la mort de la croix.Lire Philippiens 2 en entier
Paragraphes du Catéchisme citant ce verset (5)
La coupe de la Nouvelle Alliance, que Jésus a anticipée à la Cène en s’offrant lui-même 1, il l’accepte ensuite des mains du Père dans son agonie à Gethsémani 2 en se faisant « obéissant jusqu’à la mort » 3. Jésus§532§2600 prie : « Mon Père, s’il est possible que cette coupe passe loin de moi... » 4. Il exprime ainsi l’horreur que représente la mort pour sa nature humaine. En effet celle-ci, comme la nôtre, est destinée à la vie éternelle ; en plus, à la différence de la nôtre, elle est parfaitement exempte du péché 5 qui cause la mort 6 ; mais surtout elle est assumée par la personne divine du « Prince de la Vie » 7, du « Vivant » 8. En acceptant dans sa volonté humaine que la volonté du Père soit faite 9, il accepte sa mort§1009 en tant que rédemptrice pour « porter lui-même nos fautes dans son corps sur le bois » 10.
Par son obéissance jusqu’à la mort 1, le Christ a communiqué à ses disciples le don de la liberté royale, « pour qu’ils§786 arrachent au péché son empire en eux-mêmes par leur abnégation et la sainteté de leur vie » a :
Celui qui soumet son propre corps et régit son âme, sans se laisser submerger par les passions est son propre maître : il peut être appelé roi parce qu’il est capable de régir sa propre personne ; il est libre et indépendant et ne se laisse captiver par un esclavage coupable 1.
Le péché est une offense de Dieu : « Contre toi, toi seul, j’ai péché. Ce qui est mal à tes yeux§1440, je l’ai fait » 1. Le péché se dresse contre l’amour de Dieu pour nous et en détourne nos cœurs. Comme le péché premier, il est une désobéissance, une révolte§397 contre Dieu, par la volonté de devenir « comme des dieux », connaissant et déterminant le bien et le mal 2. Le péché est ainsi « amour de soi jusqu’au mépris de Dieu » a. Par cette exaltation orgueilleuse de soi, le péché est diamétralement contraire§615 à l’obéissance de Jésus qui accomplit le salut 3.
