Catéchisme de l'Église Catholique Catéchisme de l'Église Catholique

Matthieu 20, 28

C’est ainsi que le Fils de l’homme est venu, non pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie pour la rançon de la multitude. »
Lire Matthieu 20 en entier

Paragraphes du Catéchisme citant ce verset (5)

Jésus a accueilli la profession de foi de Pierre qui le reconnaissait comme le Messie en annonçant la passion prochaine du Fils de l’Homme§552 1. Il a dévoilé le contenu authentique de sa royauté messianique à la fois dans l’identité transcendante du Fils de l’Homme « qui est descendu du ciel » 2 et dans sa mission rédemptrice comme Serviteur souffrant : « Le Fils de l’Homme n’est pas venu pour être servi mais§550 pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude » 3. C’est pourquoi le vrai sens de sa royauté n’est manifesté que du haut de la Croix 4. C’est seulement après sa Résurrection§443 que sa royauté messianique pourra être proclamée par Pierre devant le Peuple de Dieu : « Que toute la maison d’Israël le sache avec certitude : Dieu l’a fait Seigneur et Christ, ce Jésus que vous, vous avez crucifié » 5.
Ce dessein divin de salut par la mise à mort du « Serviteur, le Juste » 1 avait été annoncé par avance dans l’Écriture comme un mystère de rédemption universelle, c’est-à-dire de rachat qui libère les hommes de l’esclavage du péché 2. Saint Paul professe, dans une confession de foi qu’il dit avoir « reçue » 3 que « le Christ est mort pour nos péchés selon§652 les Écritures » 4. La mort rédemptrice de Jésus accomplit en particulier la prophétie du Serviteur souffrant§713 5. Jésus lui-même a présenté le sens de sa vie et de sa mort à la lumière du Serviteur souffrant 6. Après sa Résurrection, il a donné cette interprétation des Écritures aux disciples d’Emmaüs 7, puis aux apôtres eux-mêmes 8.
Cet amour est sans exclusion Jésus l’a rappelé en conclusion de la parabole de la brebis perdue : « Ainsi on ne veut pas, chez votre Père qui est aux cieux, qu’un seul de ses petits ne se perde » 1. Il affirme « donner sa vie en rançon pour la multitude » 2 ; ce dernier terme n’est pas restrictif : il oppose l’ensemble de l’humanité à l’unique personne du Rédempteur§402 qui se livre pour la sauver 3. L’Église, à la suite des apôtres 4, enseigne que le Christ est mort pour tous les hommes sans exception§634§2793 : « Il n’y a, il n’y a eu et il n’y aura aucun homme pour qui le Christ n’ait pas souffert » a.
En ceci consiste la rédemption du Christ : il « est venu donner sa vie en rançon pour la multitude » 1, c’est-à-dire « aimer les siens jusqu’à la fin » 2 pour qu’ils soient « affranchis de la vaine conduite héritée de leurs pères » 3.
Le Peuple de Dieu participe enfin à la fonction royale du Christ. Le Christ exerce sa royauté en attirant à soi tous les hommes par sa mort et sa Résurrection 1. Le Christ, Roi et Seigneur de l’univers, s’est fait le serviteur de tous, n’étant « pas venu pour être servi, mais pour servir et pour donner sa vie en rançon pour la multitude » 2. Pour le chrétien, « régner, c’est§2449 le servir » a, particulièrement « dans les pauvres et les souffrants, dans lesquels l’Église reconnaît l’image de son Fondateur pauvre§2443 et souffrant » b. Le Peuple de Dieu réalise sa « dignité royale » en vivant conformément à cette vocation de servir avec le Christ.
De tous les régénérés dans le Christ le signe de la Croix fait des rois, l’onction du Saint-Esprit les consacre comme prêtres, afin que, mis à part le service particulier de notre ministère, tous les chrétiens spirituels et usant de leur raison se reconnaissent membres de cette race royale et participants de la fonction sacerdotale. Qu’y a-t-il, en effet, d’aussi royal pour une âme que de gouverner son corps dans la soumission à Dieu ? Et qu’y a-t-il d’aussi sacerdotal que de vouer au Seigneur une conscience pure et d’offrir sur l’autel de son cœur les victimes sans taches de la piété ? 1.