Aux hommes, Dieu accorde même de pouvoir participer librement à sa providence en leur confiant la responsabilité de « soumettre » la terre§106§373 et de la dominer 1. Dieu donne ainsi aux hommes§1954 d’être causes intelligentes et libres pour compléter l’œuvre de la Création, en parfaire l’harmonie§2427 pour leur bien et celui de leur prochains. Coopérateurs souvent inconscients de la volonté divine, les hommes peuvent entrer délibérément dans le plan divin, par leurs actions, par leurs prières, mais aussi§2738 par leurs souffrances 2. Ils deviennent alors pleinement « collaborateurs de Dieu » 3 et de son Royaume§618§1505 4.
Genèse 1, 28
Et Dieu les bénit, et il leur dit : « Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre et soumettez-la, et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel et sur tout animal qui se meut sur la terre. »Lire Genèse 1 en entier
Paragraphes du Catéchisme citant ce verset (8)
L’homme et la femme sont faits « l’un pour l’autre » : non pas que Dieu ne les aurait faits qu’« à moitié » et « incomplets » ; Il les a créés pour une communion de personnes, en laquelle chacun peut être « aide » pour l’autre parce qu’ils sont à la fois égaux en tant que personnes (« os de mes os... ») et complémentaires en tant que masculin et féminin a. Dans le mariage§1652, Dieu§2366 les unit de manière que, en formant « une seule chair » 1, ils puissent transmettre la vie humaine : « Soyez féconds, multipliez, emplissez la terre » 2. En transmettant à leur descendants la vie humaine, l’homme et la femme comme époux et parents, coopèrent d’une façon unique à l’œuvre du Créateur b.
Dans le dessein de Dieu, l’homme et la femme ont la vocation de « soumettre » la terre§307 1 comme « intendants » de Dieu. Cette souveraineté ne doit pas être une domination§2415 arbitraire et destructrice. À l’image du Créateur « qui aime tout ce qui existe » 2, l’homme et la femme sont appelés à participer à la Providence divine envers les autres créatures. De là, leur responsabilité pour le monde que Dieu leur a confié.
Dieu qui a créé l’homme par amour, l’a aussi appelé à l’amour, vocation fondamentale et innée de tout être humain. Car§355 l’homme est créé à l’image et à la ressemblance du Dieu 1 qui est lui-même Amour 2. Dieu l’ayant créé homme et femme, leur amour mutuel devient une image de l’amour absolu et indéfectible dont Dieu aime l’homme. Il est bon, très bon, aux yeux du Créateur 3. Et cet amour que Dieu bénit est destiné à être fécond et à se réaliser dans l’œuvre commune de la garde de la création : « Et Dieu les bénit et il leur dit : ‘Soyez féconds, multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la’ » 4.
Selon la foi, ce désordre que nous constatons douloureusement, ne vient pas de la naturede l’homme et de la femme, ni de la nature de leurs§1849 relations, mais du péché. Rupture avec Dieu, le premier péché a comme première conséquence la rupture de la communion originelle de l’homme et de la femme§400. Leurs relations sont distordues par des griefs réciproques 1 ; leur attrait mutuel, don propre du créateur 2, se change en rapports de domination et de convoitise 3 ; la belle vocation de l’homme et de la femme d’être féconds, de se multiplier et de soumettre la terre 4 est grevée des peines de l’enfantement et du gagne-pain 5.
Au commencement, Dieu a confié la terre et ses ressources à la gérance commune de l’humanité pour qu’elle en prenne soin, la maîtrise par son travail et jouisse de ses fruits 1. Les biens de la création§226 sont destinés à tout le genre humain. Cependant la terre est répartie entre les hommes pour assurer la sécurité de leur vie, exposée à la pénurie et menacée par la violence. L’appropriation des biens est légitime pour garantir la liberté et la dignité des personnes, pour aider chacun à subvenir à ses besoins fondamentaux et aux besoins de ceux dont il a la charge. Elle doit permettre que se manifeste§1939 une solidarité naturelle entre les hommes.
Le septième commandement demande le respect de l’intégrité de la création. Les animaux, comme les plantes§226§358 et les êtres inanimés, sont naturellement destinés au bien commun de l’humanité passée, présente et future 1. L’usage des ressources minérales, végétales et animales de l’univers, ne peut être détaché du respect des exigences morales. La domination accordée§373 par le Créateur à l’homme sur les êtres inanimés et les autres vivants n’est pas absolue ; elle est mesurée par le souci de la qualité de la vie du prochain, y compris des générations à venir ; elle exige un respect religieux de l’intégrité§378 de la création a.
Le travail humain procède immédiatement des personnes créées à l’image de Dieu, et appelées à prolonger, les unes avec§307 et pour les autres, l’œuvre de la création en dominant la terre 1ab. Le travail est donc§378 un devoir : « Si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus » 2. Le travail honore les dons du Créateur et les talents reçus. Il peut aussi être rédempteur. En endurant la peine 3 du travail en union avec Jésus§531, l’artisan de Nazareth et le crucifié du Calvaire, l’homme collabore d’une certaine façon avec le Fils de Dieu dans son Œuvre rédemptrice. Il se montre disciple du Christ en portant la Croix, chaque jour, dans l’activité qu’il est appelé à accomplir c. Le travail peut être un moyen de sanctification et une animation des réalités terrestres dans l’Esprit du Christ.
