La prière chrétienne est marquée par le titre « Seigneur », que ce soit l’invitation à la prière « le Seigneur soit§2664-2665 avec vous », ou la conclusion de la prière « par Jésus-Christ notre Seigneur » ou encore le cri plein de confiance et d’espérance : « Maran atha » (« le Seigneur vient ! ») ou « Marana§2817 tha » (« Viens, Seigneur ! ») 1 : « Amen, viens, Seigneur Jésus ! » 2.
Apocalypse 22, 20
Celui qui atteste ces choses, dit : « Oui, je viens bientôt. » Amen ! Venez, Seigneur Jésus !Lire Apocalypse 22 en entier
Paragraphes du Catéchisme citant ce verset (6)
Déjà présent dans son Église, le Règne du Christ n’est cependant pas encore achevé « avec puissance et grande gloire » 1 par l’avènement du Roi sur la terre. Ce Règne est encore attaqué par les puissances mauvaises 2 même si elles ont été déjà vaincues à la base par la Pâque du Christ. Jusqu’à ce que tout lui ai été soumis 3, « jusqu’à l’heure où seront réalisés les nouveaux cieux et la nouvelle terre où la justice habite, l’Église en pèlerinage porte dans ses sacrements et ses institutions, qui relèvent de ce temps§769§773, la figure du siècle qui passe ; elle vit elle-même parmi les créatures qui gémissent présentement encore dans les douleurs de l’enfantement et attendent la manifestation des fils de Dieu » a. Pour cette raison les chrétiens§1043§1043§2046 prient, surtout dans l’Eucharistie 4, pour hâter le retour du Christ§2817 5 en lui disant : « Viens, Seigneur » 6.
Depuis l’Ascension, l’avènement du Christ dans la gloire est imminent 1 même s’il ne nous « appartient pas de connaître les§1040§1048 temps et les moments que le Père a fixés de sa seule autorité » 2. Cet avènement eschatologique peut s’accomplir à tout moment 3 même s’il est « retenu », lui et l’épreuve finale qui le précédera 4.
L’Église célèbre le Mystère de son Seigneur « jusqu’à ce qu’il vienne » et que « Dieu soit tout en tous » 1. Dès l’âge apostolique la Liturgie est attirée vers son terme par le gémissement de l’Esprit dans l’Église : « Marana Tha ! » 2. La liturgie participe ainsi au désir de Jésus : « J’ai désiré d’un grand désir manger cette Pâque avec vous [...] jusqu’à ce qu’elle s’accomplisse dans le Royaume de Dieu » 3. Dans les sacrements du Christ, l’Église reçoit déjà les arrhes§950 de son héritage, elle participe déjà à la vie éternelle, tout en « attendant la bienheureuse espérance et l’avènement de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur, le Christ Jésus » 4. « L’Esprit et l’Épouse disent : Viens ! ... Viens, Seigneur Jésus ! » 5.
Saint Thomas résume ainsi les différentes dimensions du signe sacramentel : « Le sacrement est le signe qui remémore ce qui a précédé, à savoir la passion du Christ ; qui met en évidence ce qui s’opère en nous par la passion du Christ, à savoir la grâce ; qui pronostique, je veux dire qui annonce à l’avance la Gloire à venir » 12.
Lors de la dernière Cène, le Seigneur a lui-même tourné le regard de ses disciples vers l’accomplissement de la Pâque dans le royaume de Dieu : « Je vous le dis, je ne boirai plus désormais de ce produit de la vigne jusqu’au jour où je boirai avec vous le vin nouveau dans le Royaume de mon Père » 1. Chaque fois que l’Église célèbre l’Eucharistie, elle se souvient de cette promesse et son regard se tourne vers « Celui qui vient » 2. Dans sa prière, elle appelle sa venue : « Marana tha » 3, « Viens, Seigneur§671 Jésus » 4, « Que ta grâce vienne et que ce monde passe ! » a.
La victoire sur le « prince de ce monde » 1 est acquise, une fois pour toutes, à l’Heure où Jésus se livre librement§677 à la mort pour nous donner sa Vie. C’est le jugement de ce monde et le prince de ce monde est jeté bas 2. « Il se lance à la poursuite de la Femme » 3, mais il n’a pas de prise sur elle : la nouvelle Ève, « pleine de grâce » de l’Esprit Saint§490, est préservée du péché et de la corruption de la mort a. « Alors, furieux de dépit contre la Femme, il s’en va guerroyer contre le reste de ses enfants » 4. C’est pourquoi l’Esprit et l’Église§972 prient : « Viens, Seigneur Jésus » 5 puisque sa Venue nous délivrera du Mauvais.
