Catéchisme de l'Église Catholique Catéchisme de l'Église Catholique

1 Corinthiens 15, 28

Et lorsque tout lui aura été soumis, alors le Fils lui-même fera hommage à celui qui lui aura soumis toutes choses, afin que Dieu soit tout en tous.
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Paragraphes du Catéchisme citant ce verset (11)

La typologie signifie le dynamisme vers l’accomplissement du plan divin quand « Dieu sera tout en tous » 1. Aussi la vocation des patriarches et l’Exode de l’Égypte, par exemple, ne perdent pas leur valeur propre dans le plan de Dieu, du fait qu’ils en sont en même temps des étapes intermédiaires.
La gloire de Dieu c’est que se réalise cette manifestation et cette communication de sa bonté en vue desquelles le monde a été§2809 créé. Faire de nous « des fils adoptifs par Jésus-Christ : tel fut le dessein bienveillant de Sa volonté à la louange de gloire de sa grâce » 1 : « Car la gloire de Dieu, c’est l’homme vivant, et la vie de l’homme, c’est la vision§1722 de Dieu : si déjà la révélation de Dieu par la création procura la vie à tous les êtres qui vivent sur la terre, combien plus la manifestation du Père par le Verbe procure-t-elle la vie à ceux qui voient Dieu » a. La fin ultime de la création, c’est que Dieu, « qui est le Créateur de tous les êtres, devienne enfin ‘tout en tous’ 2, en procurant à la fois sa gloire et notre béatitude§1992 » b.
« Le Christ est mort et revenu à la vie pour être le Seigneur des morts et des vivants » 1. L’Ascension du Christ au Ciel signifie sa participation, dans son humanité, à la puissance et à l’autorité de Dieu lui-même. Jésus-Christ est Seigneur : il possède tout pouvoir§450 dans les cieux et sur la terre. Il est « au-dessus de toute autorité, pouvoir, puissance et souveraineté », car le Père « a tout mis sous ses pieds » 2. Le Christ est le Seigneur du cosmos 3 et de l’histoire. En lui, l’histoire de l’homme et même toute la création trouvent leur « récapitulation » 4, leur achèvement transcendant§518.
Déjà présent dans son Église, le Règne du Christ n’est cependant pas encore achevé « avec puissance et grande gloire » 1 par l’avènement du Roi sur la terre. Ce Règne est encore attaqué par les puissances mauvaises 2 même si elles ont été déjà vaincues à la base par la Pâque du Christ. Jusqu’à ce que tout lui ai été soumis 3, « jusqu’à l’heure où seront réalisés les nouveaux cieux et la nouvelle terre où la justice habite, l’Église en pèlerinage porte dans ses sacrements et ses institutions, qui relèvent de ce temps§769§773, la figure du siècle qui passe ; elle vit elle-même parmi les créatures qui gémissent présentement encore dans les douleurs de l’enfantement et attendent la manifestation des fils de Dieu » a. Pour cette raison les chrétiens§1043§1043§2046 prient, surtout dans l’Eucharistie 4, pour hâter le retour du Christ§2817 5 en lui disant : « Viens, Seigneur » 6.
La venue du Messie glorieux est suspendue à tout moment de l’histoire 1 à sa reconnaissance par « tout Israël » 2 dont « une partie s’est endurcie » 3 dans « l’incrédulité » 4 envers Jésus. Saint Pierre le dit aux juifs de Jérusalem après la Pentecôte : « Repentez-vous et convertissez-vous, afin que vos péchés soient effacés et qu’ainsi le Seigneur fasse venir le temps de répit. Il enverra alors le Christ qui vous est destiné, Jésus, celui que le Ciel doit garder jusqu’au temps de la restauration universelle dont Dieu a parlé dans la bouche de ses saints prophètes » 5. Et saint Paul lui fait écho : « Si leur mise à l’écart fut une réconciliation pour le monde, que sera leur assomption, sinon la vie sortant des morts ? » 6. L’entrée de « la plénitude des juifs » 7 dans le salut§840 messianique, à la suite de « la plénitude des païens » 8, donnera§58 au Peuple de Dieu de « réaliser la plénitude du Christ » 9 dans laquelle « Dieu sera tout en tous » 10.
« Car tous les fruits excellents de notre nature et de notre industrie, que nous aurons propagés sur terre selon§1709 le commandement du Seigneur et dans son Esprit, nous les retrouverons plus tard, mais purifiés de toute souillure, illuminés, transfigurés, lorsque le Christ remettra à son Père le royaume éternel et universel » ab. Dieu sera alors « tout en tous§260 » 1, dans la vie éternelle :
La vie subsistante et vraie, c’est le Père qui, par le Fils et en l’Esprit Saint, déverse sur tous sans exception les dons célestes. Grâce à sa miséricorde, nous aussi, hommes, nous avons reçu la promesse indéfectible de la vie éternelle ab.
À la fin des temps, le Royaume de Dieu arrivera à sa plénitude. Alors les justes régneront avec le Christ pour toujours, glorifiés en corps et en âme, et l’univers matériel lui-même sera transformé. Dieu sera alors « tout en tous » 1, dans la vie éternelle.
L’Église célèbre le Mystère de son Seigneur « jusqu’à ce qu’il vienne » et que « Dieu soit tout en tous » 1. Dès l’âge apostolique la Liturgie est attirée vers son terme par le gémissement de l’Esprit dans l’Église : « Marana Tha ! » 2. La liturgie participe ainsi au désir de Jésus : « J’ai désiré d’un grand désir manger cette Pâque avec vous [...] jusqu’à ce qu’elle s’accomplisse dans le Royaume de Dieu » 3. Dans les sacrements du Christ, l’Église reçoit déjà les arrhes§950 de son héritage, elle participe déjà à la vie éternelle, tout en « attendant la bienheureuse espérance et l’avènement de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur, le Christ Jésus » 4. « L’Esprit et l’Épouse disent : Viens ! ... Viens, Seigneur Jésus ! » 5.
Saint Thomas résume ainsi les différentes dimensions du signe sacramentel : « Le sacrement est le signe qui remémore ce qui a précédé, à savoir la passion du Christ ; qui met en évidence ce qui s’opère en nous par la passion du Christ, à savoir la grâce ; qui pronostique, je veux dire qui annonce à l’avance la Gloire à venir » 12.
Enfin, par la célébration eucharistique nous nous unissons déjà à la liturgie du ciel et nous anticipons la vie éternelle quand§1090 Dieu sera tout en tous 1.
La première vague nous porte vers Lui, pour Lui : ton Nom, ton Règne, ta Volonté ! C’est le propre de l’amour que de penser d’abord à Celui que nous aimons. En chacune de ces trois demandes, nous ne « nous » nommons pas, mais c’est « le désir ardent », « l’angoisse » même, du Fils bien-aimé pour la Gloire de son Père, qui nous saisit 1 : « Que soit sanctifié ... Que vienne ... Que soit faite ... » : ces trois supplications sont déjà exaucées dans le Sacrifice du Christ Sauveur, mais elles sont tournées désormais, dans l’espérance, vers leur accomplissement final, tant que Dieu n’est pas encore tout en tous 2.
La doxologie finale « Car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la gloire et la puissance » reprend, par inclusion, les trois§2760 premières demandes à notre Père : la glorification de son Nom, la venue de son Règne et la puissance de sa Volonté salvifique. Mais cette reprise est alors sous forme d’adoration et d’action de grâces, comme dans la Liturgie céleste 1. Le prince de ce monde s’était attribué mensongèrement ces trois titres de royauté, de puissance et de gloire 2 ; le Christ, le Seigneur, les restitue à son Père et notre Père, jusqu’à ce qu’il lui remette le Royaume quand sera définitivement consommé le Mystère du salut et que Dieu sera tout en tous 3.